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Israël : des élections sans vainqueur… Et maintenant ?
La balle est désormais dans le camp du président Isaac Herzog qui doit désigner celui qui lui semble le mieux placé pour former un gouvernement

Les Israéliens ont voté, mais ils ne savent toujours pas qui les gouvernera. Avec 53 sièges pour le bloc de Benyamin Netanyahou, 48 pour celui du changement, emmené par Gadi Eisenkot, et 19 pour les partis arabes, aucun camp ne dispose seul des 61 députés nécessaires pour obtenir la majorité à la Knesset.
La balle est désormais dans le camp du président Isaac Herzog. Après avoir consulté les différents partis, il désignera celui qui lui semble le mieux placé pour former un gouvernement. Ce dernier disposera de 28 jours pour y parvenir, avec une prolongation possible de 14 jours. Plusieurs scénarios se dessinent.
Premier scénario : un gouvernement du changement soutenu par les partis arabes
C’est mathématiquement la solution la plus évidente. Les 48 députés du bloc du changement, ajoutés aux 19 élus arabes, représentent 67 sièges. Une majorité confortable sur le papier, mais politiquement très compliquée. Naftali Bennett, Avigdor Lieberman et Gadi Eisenkot ont promis de ne pas gouverner avec ces formations. Seul Yair Golan s’est déclaré favorable à cette option.
Une solution intermédiaire serait de former un gouvernement sans ministres issus de ces partis, mais bénéficiant de leur soutien extérieur. Une formule qui permettrait de remplacer Netanyahou sans les intégrer à la coalition. Encore faudrait-il convaincre les opposants à cette solution et trouver un accord avec les deux formations concernées, qui ne partagent pas toutes les mêmes positions.
Deuxième scénario : Netanyahou parvient à retourner la situation
Avec 53 sièges, le Premier ministre sortant doit trouver huit députés supplémentaires. Il pourrait tenter de convaincre un parti du bloc adverse de rejoindre sa coalition, en proposant des portefeuilles ministériels ou des concessions politiques. Netanyahou a déjà démontré son habileté dans ce type de négociations. Mais les dirigeants de l’opposition ont précisément fait campagne sur la nécessité de le remplacer. Un ralliement aurait donc un coût politique considérable.
Troisième scénario : un gouvernement d’union nationale
Face à l’impasse, certains partis pourraient accepter de gouverner ensemble malgré leurs désaccords. Une alliance entre le Likoud et plusieurs formations centristes ou de droite permettrait de dégager une majorité. Mais qui dirigerait ce gouvernement ? Netanyahou accepterait-il de céder sa place ? Et ses alliés d’extrême droite et ultraorthodoxes seraient-ils écartés ? Autant de questions qui rendent cette hypothèse difficile, même si elle reste possible.
Quatrième scénario : de nouvelles élections
Si le premier candidat désigné par Herzog échoue, le président pourra confier cette mission à un autre député. Si cette deuxième tentative échoue également, la Knesset aura une dernière possibilité de proposer un candidat soutenu par au moins 61 élus. Si personne ne réussit à former un gouvernement, les Israéliens devront retourner aux urnes. En attendant, Netanyahou restera à la tête d’un gouvernement de transition.
