Attentat de Trappes : la "première fois" de Macron qui ne passe pas
« C’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion », a déclaré le chef de l’État


Venu vendredi soir à Trappes, dans les Yvelines, après une attaque à caractère raciste qui a fait un mort et cinq blessés, Emmanuel Macron a voulu appeler à l’unité nationale.
Face à l’émotion suscitée par ce drame, le président de la République a cherché à adresser un message de rassemblement, alors que les premiers éléments de l’enquête dessinent les contours d’une violence motivée par la haine raciale.
Selon les premières conclusions des enquêteurs, le suspect aurait délibérément choisi ses victimes en raison de leur couleur de peau ou de leur origine. Parmi elles, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, passionné de MMA et qui rêvait de devenir combattant professionnel, a été abattu près d’une aire de jeux. Une fillette de 12 ans figure également parmi les blessés : elle a été prise pour cible dans la commune voisine de La Verrière, alors qu’elle se rendait à la piscine.
« C’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne », a déclaré le chef de l’État sur place dans la soirée, évoquant un « tournant » dans l’histoire de la République.
Une formulation qui a immédiatement suscité de nombreuses réactions, certains y voyant un oubli des attentats antisémites et antichrétiens commis en France au cours des dernières années.
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a invité Emmanuel Macron à ne pas oublier les enfants juifs assassinés en 2012 par Mohammed Merah à l’école Ozar Hatorah de Toulouse, les victimes de l’Hyper Cacher en 2015, mais aussi le père Jacques Hamel, assassiné dans son église en 2016, et les fidèles tués dans la basilique Notre-Dame de Nice en 2020.
Le député socialiste Jérôme Guedj a, lui aussi, dénoncé une déclaration « factuellement fausse donc politiquement problématique ». De son côté, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, a estimé que les propos présidentiels « méritent un correctif ».
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Face à la polémique, l’Élysée a d’abord tenté de préciser le sens de la déclaration, expliquant qu’Emmanuel Macron faisait référence au premier attentat raciste fondé sur la couleur de peau, et non aux attaques motivées par la religion.
Le président a ensuite personnellement réagi sur le réseau social X, affirmant vouloir « éviter toute polémique ». Il a rappelé que la France avait déjà connu des attentats visant des chrétiens et des juifs en raison de leur religion. « Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée », a-t-il insisté, réaffirmant son attachement à l’unité nationale.