Emmanuel Macron : « À l’égard des casseurs, nous serons intraitables »
Le président s'est exprimé au lendemain des violences qui ont embrasé le pays


Emmanuel Macron a pris la parole ce dimanche à 20 heures, alors que la France est marquée par les violences qui ont accompagné la mobilisation de la veille. Des commerces ont été pillés, des bâtiments publics pris pour cible et plusieurs centaines de policiers et de gendarmes blessés, selon le chef de l’État.
« Des factieux issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une délinquance débridée dans nos villes », a-t-il déclaré, dénonçant des attaques contre des mairies, des commerces et des équipements publics.
Le président a exprimé sa colère face à ces dégradations, estimant qu’aucune revendication ne pouvait les justifier. Il a également apporté son soutien aux forces de l’ordre, aux élus locaux et aux commerçants touchés.
Pour répondre aux conséquences économiques des violences, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place, dès lundi, d’une cellule de crise présidée par le Premier ministre. Son objectif sera de mobiliser rapidement des aides en faveur des commerçants et des acteurs économiques affectés.
Sur le plan judiciaire, le chef de l’État a réclamé une réponse ferme. Le garde des Sceaux a demandé aux procureurs de faire preuve de la plus grande fermeté dans le traitement des affaires liées aux dégradations et aux pillages.
« Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser », a insisté Emmanuel Macron, avant de prévenir : « À l’égard des casseurs, nous serons intraitables. » Il a toutefois rappelé que la volonté de dialoguer ne devait être interprétée ni comme un signe de faiblesse ni comme une promesse d’impunité.
Le président a également demandé au gouvernement d’examiner les défaillances éventuelles dans la préparation des événements. Il souhaite que les enseignements soient tirés en matière de renseignement et d’anticipation afin d’éviter que de tels débordements ne se reproduisent. « Toute la transparence sera faite », a-t-il assuré.
Face à la persistance des incidents, notamment à Paris et à Lyon, Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que les préfets prendraient les décisions relatives aux rassemblements en lien avec les maires, avec la possibilité d’en interdire certains.
Le chef de l’État a aussi tenu à distinguer les violences des revendications exprimées par une partie des manifestants. Il a dit comprendre les inquiétudes liées au coût de la vie et évoqué les mesures engagées pour sécuriser l’approvisionnement en carburant et en gaz. Il a également reconnu les difficultés d’une partie de la jeunesse, dont les attentes doivent, selon lui, être entendues.
Emmanuel Macron appelle enfin les partis politiques et les organisations syndicales à clarifier publiquement leur position. Le Premier ministre doit réunir leurs représentants pour obtenir des prises de position sans ambiguïté.
En conclusion, le président a défendu la nécessité de répondre aux préoccupations sociales tout en réaffirmant l’autorité de l’État : « Oui au dialogue, oui à la réponse concrète de court terme, mais non à la violence. » Il a également appelé à préserver les conditions d’une élection présidentielle sereine, prévue dans six mois.