Eurovision 2026 : Thomas Portes et Rima Hassan appellent au boycott d’Israël
À quelques jours de l’ouverture de l’Eurovision 2026, Thomas Portes et Rima Hassan, appellent les États participants à boycotter le concours tant qu’Israël n’en sera pas exclu.


Dans une tribune publiée le 7 mai, les deux élus dénoncent la présence d’Israël dans une compétition qui se présente chaque année comme une célébration de la paix, de l’unité et de la fraternité. Selon eux, maintenir l’État hébreu sur scène revient à lui offrir une vitrine culturelle alors qu’il est accusé de crimes graves dans la bande de Gaza.
Les deux responsables de La France insoumise affirment que la situation à Gaza est désormais largement documentée par les organisations internationales. Ils citent notamment l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires et l’UNRWA, qui recensent, selon eux, plus de 72 000 Palestiniens tués depuis octobre 2023, auxquels s’ajoutent des milliers de disparus sous les décombres.
Ils soulignent également que les violences se seraient poursuivies malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, avec plus de 700 Palestiniens tués depuis cette date.
Thomas Portes et Rima Hassan s’appuient aussi sur les positions d’organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International, qui accusent Israël de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide et de nettoyage ethnique. Ils évoquent un territoire ravagé, des écoles hors d’usage, un système de santé largement détruit, des déplacements massifs de population et une situation humanitaire marquée par la faim, le manque d’eau, d’électricité, de soins et de médicaments.
Ils mentionnent également les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale visant des dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ainsi que les décisions de la Cour internationale de justice alertant sur un risque de génocide et ordonnant des mesures conservatoires.
Dans leur texte, les députés LFI estiment que cette logique de destruction ne se limite pas à Gaza. Ils accusent également Israël de mener au Liban une stratégie de pression sur les populations civiles, évoquant des bombardements ayant fait plus de 2 500 morts depuis mars 2026 et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes.
C’est dans ce contexte qu’ils jugent inacceptable la participation d’Israël à la 70e édition de l’Eurovision. Selon eux, le concours ne peut pas continuer à défendre des valeurs de paix tout en accueillant un État qu’ils qualifient de « génocidaire ».
Les élus soulignent que le consensus européen autour de la compétition se fissure. Ils rappellent que seuls 35 pays participent cette année, un niveau historiquement bas depuis l’instauration des demi-finales en 2004. Plusieurs pays, dont l’Espagne, les Pays-Bas, l’Irlande, l’Islande et la Slovénie, ont choisi de boycotter l’édition 2026. La Slovénie a même décidé de ne pas diffuser le concours, préférant programmer des œuvres palestiniennes.
La mobilisation dépasse aussi le champ politique. Plus de 1 000 artistes, parmi lesquels Massive Attack, Macklemore ou Roger Waters, appellent à l’exclusion d’Israël de la compétition.
Pour Thomas Portes et Rima Hassan, la présence d’Israël à l’Eurovision ne peut être considérée comme neutre. Ils dénoncent une opération de « blanchiment culturel », ou « art-washing », permettant à un État accusé de crimes internationaux de se présenter sous les projecteurs d’un événement festif et populaire.
Les deux élus établissent enfin un parallèle avec l’exclusion de la Russie de l’Eurovision en 2022, après l’invasion de l’Ukraine. Selon eux, l’Union européenne de radio-télévision ne peut pas appliquer deux poids deux mesures sans se discréditer.