Gabriel Attal lancé vers 2027, mais pris en étau au centre et à droite
Renaissance pousse l’ancien Premier ministre vers la présidentielle, mais sa candidature doit encore s’imposer face à Édouard Philippe et Bruno Retailleau.


Le chemin vers 2027 se précise pour Gabriel Attal. Le Conseil national de Renaissance a adopté mardi une motion appelant l’ancien Premier ministre à être candidat à l’élection présidentielle. Un vote des militants doit encore confirmer cette désignation, mais l’issue ne fait guère de doute au sein du parti présidentiel.
Pour ses soutiens, la candidature de Gabriel Attal s’impose naturellement. Mais l’ancien chef du gouvernement, évincé de Matignon après la dissolution ratée d’Emmanuel Macron, aborde cette nouvelle étape dans une position délicate. Son image reste forte dans l’opinion, mais sa dynamique présidentielle demeure limitée dans les sondages.
Selon une enquête Elabe, Gabriel Attal ne recueille que 11,5 % des intentions de vote au premier tour, un niveau insuffisant pour espérer accéder au second tour. Dans son entourage, on assure toutefois que la campagne ne fait que commencer et que l’ancien Premier ministre doit désormais « monter en puissance » dans sa relation avec les Français.
Le premier défi est interne. Élisabeth Borne, son ancienne prédécesseure à Matignon, a quitté le bureau exécutif de Renaissance début mai, en désaccord avec sa ligne et sa méthode. Plusieurs anciens ministres, dont Éric Dupond-Moretti et Agnès Buzyn, gravitent désormais autour de sa propre structure politique, signe que Gabriel Attal ne rassemble pas encore totalement son camp.
Mais le vrai danger vient surtout de ses concurrents. Édouard Philippe, maire du Havre et président d’Horizons, reste très bien placé dans l’électorat macroniste. Gabriel Attal a déjà ouvert la porte à un accord avec lui : le moins bien placé pourrait se retirer début 2027 pour éviter un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national.
Un comité de liaison réunissant Renaissance, Horizons et le MoDem doit permettre de maintenir le dialogue entre les différentes composantes du bloc central. Mais beaucoup doutent qu’un candidat à l’Élysée accepte réellement de s’effacer au dernier moment.
À droite, Bruno Retailleau complique encore l’équation. Le président des Républicains, déjà lancé dans la course, critique régulièrement le bilan d’Emmanuel Macron et renvoie Gabriel Attal et Édouard Philippe à leur responsabilité commune dans les deux quinquennats passés.
Gabriel Attal devra donc réussir un exercice difficile : incarner une nouvelle étape du macronisme sans être prisonnier de son bilan, rassembler le centre sans s’effacer devant Édouard Philippe, et parler à la droite sans laisser le terrain à Bruno Retailleau. Sa candidature est presque actée. Sa capacité à s’imposer, elle, reste à démontrer.