Ilan Halimi : l’abattage de l’olivier commémoratif jugé non antisémite en appel
La justice a écarté la qualification d’acte antisémite, faute de preuve d’une intention visant la mémoire de la victime en raison de sa religion.


La cour d’appel de Paris a confirmé mercredi les condamnations de deux frères poursuivis pour avoir abattu un olivier planté en mémoire d’Ilan Halimi à Épinay-sur-Seine, tout en écartant la circonstance aggravante d’antisémitisme. Comme en première instance à Bobigny, les juges ont estimé qu’aucun élément ne permettait d’établir que les prévenus avaient connaissance de l’identité ou de l’histoire d’Ilan Halimi, ni qu’ils avaient agi dans l’intention de viser sa mémoire en raison de son appartenance religieuse.
Brahim K. a vu sa peine de huit mois de prison ferme confirmée. Son frère jumeau, Ismaël K., absent lors du procès car expulsé en Tunisie, a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour destruction aggravée du bien d’autrui. Les deux hommes font également l’objet d’une interdiction du territoire français pendant cinq ans.
Les faits remontent à la nuit du 13 au 14 août, lorsque l’olivier commémoratif, planté en 2011 à une dizaine de kilomètres au nord de Paris, a été abattu. L’enquête avait permis de situer les deux frères sur les lieux grâce à leurs téléphones portables. Une vidéo retrouvée dans le téléphone d’Ismaël K. montrait en outre son frère manipulant une tronçonneuse à proximité de la stèle.
La décision de la cour a suscité l’incompréhension des parties civiles. La Licra, SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France ont regretté l’absence de qualification antisémite. Leur avocat, Me Alain Jakubowicz, a dénoncé une interprétation trop restrictive, estimant que la reconnaissance de cette circonstance aggravante reste particulièrement difficile à obtenir.