Une justice française "servile envers Netanyahou" : les propos de Mélenchon "dignes des pires torchons antisémites"
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a dénoncé « un grave problème avec l’État de droit », jugeant « inadmissible » de s’attaquer à l’indépendance et à l’intégrité des magistrats.

La polémique dépasse désormais le seul procès de Rima Hassan. En accusant le pouvoir français de « servilité » envers Benjamin Netanyahou, Jean-Luc Mélenchon a déclenché une vague de protestations, notamment au sein du gouvernement.
Des propos « dignes des pires torchons antisémites des années 30 »
Tout est parti des réquisitions prononcées mardi 20 octobre contre Rima Hassan. Poursuivie pour apologie du terrorisme après avoir relayé une citation de Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat de l’aéroport de Lod, qui avait fait 26 morts en 1972, l’eurodéputée insoumise risque dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité.
Jean-Luc Mélenchon a immédiatement réagi sur X : « La macronie sombre dans la honte de tous les abus de pouvoir et de la servilité devant les demandes de Netanyahou. » Une accusation suggérant que les réquisitions de la justice française répondraient aux exigences du Premier ministre israélien.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a dénoncé « un grave problème avec l’État de droit », jugeant « inadmissible » de s’attaquer à l’indépendance et à l’intégrité des magistrats.
Même indignation chez le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui évoque une « gravissime attaque » contre l’indépendance de la justice et une dérive « profondément anti-démocratique ». Plus virulent encore, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, estime que les propos sont « dignes des pires torchons antisémites des années 30 ».
L’observatoire Conspiracy Watch a lui aussi réagi (vidéo), rappelant que, depuis 2013, le garde des Sceaux ne peut plus donner d’instructions dans une affaire judiciaire individuelle. Il souligne également que le parquet de Paris a déjà classé sans suite une vingtaine de plaintes visant Rima Hassan.
Attribuer les réquisitions à une intervention indirecte du gouvernement israélien, sans apporter de preuve, relève selon l’organisme d’une « théorie du complot » : « Ce tweet est outrageusement complotiste et Jean-Luc Mélenchon sait très bien ce qu’il fait. Avec sa logique, il faudrait en conclure que, si une affaire est classée sans suite, les parquets sont achetés par La France insoumise», explique Rudy Reichstadt, président de Conspiracy Watch.
Du côté de LFI, plusieurs responsables dénoncent une instrumentalisation politique de la justice, sans expliquer la référence de Mélenchon aux « demandes de Netanyahou ». L'accusation, comme le reste des formules LFI, semblait surtout destinée à mobiliser son électorat.
