« L’armée française ne sera jamais la flottille de LFI » : Yonathan Arfi dénonce les promesses de Mélenchon contre Israël
le président du Crif accuse Jean-Luc Mélenchon de se servir de la souffrance des Palestiniens pour nourrir sa stratégie électorale


Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur la politique qu’il entend mener à l’égard d’Israël s’il accède à l’Élysée provoquent de vives réactions. Ce dimanche, Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a vivement critiqué les propositions du dirigeant de La France insoumise (LFI), notamment sa volonté de mobiliser la Marine nationale pour escorter des flottilles civiles à destination de Gaza.
« L’armée française ne sera jamais la flottille de LFI », a réagi Yonathan Arfi sur le réseau X. « L’armée française protège la France. Elle n’est pas l’auxiliaire d’une croisade militante », a-t-il ajouté.
Pour le président du Crif, ces déclarations témoignent d’une politique étrangère excessivement centrée sur la confrontation avec Israël. « Un candidat à l’Élysée qui fait d’Israël son seul adversaire désigné ne propose pas une politique étrangère, il poursuit une obsession », a-t-il estimé.
Yonathan Arfi accuse également Jean-Luc Mélenchon de se servir de la souffrance des Palestiniens pour nourrir sa stratégie électorale. « Jean-Luc Mélenchon se moque des Palestiniens : il utilise cyniquement leur détresse comme carburant électoral », a-t-il écrit.
Il a également reproché à LFI de pratiquer une indignation sélective, en accordant selon lui une attention disproportionnée à Israël au détriment d’autres crises internationales. « Au royaume de l’indignation sélective de LFI, les victimes ukrainiennes de l’impérialisme russe et les civils iraniens qui combattent les mollahs n’ont pas droit de cité », a-t-il dénoncé.
À l’origine de cette polémique, un discours prononcé samedi 7 novembre par Jean-Luc Mélenchon lors d’un grand rassemblement politique organisé au Bourget, en région parisienne, à l’occasion de la présentation de la nouvelle version du programme présidentiel de LFI, L’Avenir en commun.
Devant ses sympathisants, le dirigeant insoumis a promis de durcir considérablement la position française à l’égard d’Israël s’il remportait l’élection présidentielle de 2027.
S’adressant directement à l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, qui aurait exprimé sa préférence pour n’importe quel autre candidat à l’Élysée, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « S’il est encore là, en France, on agira frontalement au secours des Palestiniens, non seulement contre le génocide à Gaza, mais contre l’annexion progressive de la Cisjordanie. »
Il a également évoqué une éventuelle intervention de la Marine nationale pour protéger les initiatives civiles destinées à rejoindre Gaza. « Les navires français, comme ceux de l’Italie et de l’Espagne, s’il le fallait, escorteront les flottilles de citoyens mobilisés », a-t-il affirmé.
Le dirigeant de LFI a par ailleurs annoncé son intention de s’opposer à ce qu’il présente comme une politique d’annexion israélienne en Judée-Samarie, dans le sud du Liban et sur le plateau du Golan.
De son côté, l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a réagi samedi soir en partageant une vidéo de l’intervention de Mélenchon.
« C’est une déclaration qui aurait fait honneur à l’un de ses prédécesseurs dans les mouvements fascistes européens des années trente du siècle dernier », a écrit le diplomate, établissant un parallèle avec les mouvements politiques de l’entre-deux-guerres.