Le rappeur Freeze Corleone condamné à 15 mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme
Condamné pour apologie du terrorisme, Freeze Corleone écope de 15 mois de prison avec sursis, d’une lourde amende et d’une interdiction de séjour.


Le tribunal correctionnel de Nice a condamné lundi le rappeur Freeze Corleone à 15 mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 50.000 euros et d’une interdiction de séjour dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans. Il a été reconnu coupable d’apologie du terrorisme, à l’issue d’un procès sensible mêlant enjeux judiciaires, artistiques et mémoriels.
Au cœur de l’affaire, une chanson intitulée Haaland, dont certaines paroles étaient soupçonnées de faire référence à l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice, qui avait fait 86 morts. Plusieurs victimes ou proches de victimes s’étaient constitués parties civiles, dénonçant des propos jugés choquants et offensants à l’égard de la mémoire des disparus.
Absent à l’audience, le rappeur avait choisi de ne pas comparaître, selon son avocat, invoquant des menaces à son encontre et contestant les faits qui lui étaient reprochés. Lors des débats, le parquet avait requis 18 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende, dénonçant des paroles « provocatrices » sur fond idéologique jugé préoccupant.
La défense avait, de son côté, plaidé un « procès du style », estimant que l’affaire posait la question de la liberté d’expression dans le rap et de ses limites. Le tribunal a finalement rejeté ces arguments, retenant la qualification pénale d’apologie du terrorisme.
Sur le plan civil, une association a été jugée irrecevable, mais plusieurs parties civiles ont obtenu gain de cause. Le rappeur devra verser 2.800 euros de dommages et intérêts à chacune d’elles, ainsi que 700 euros au titre des frais de justice.