Le sort politique de Marine Le Pen suspendu à l’examen de son appel
L’ouverture à Paris de l’appel de Marine Le Pen constitue un tournant décisif.


L’avenir politique de Marine Le Pen se joue cette semaine à Paris, avec l’ouverture d’un appel décisif qui déterminera si elle pourra se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Condamnée l’an dernier pour détournement de fonds européens, Marine Le Pen a été reconnue coupable d’avoir participé à l’utilisation frauduleuse de plus de 4 millions d’euros de fonds du Parlement européen, destinés à des assistants parlementaires mais en réalité employés par son parti, le Rassemblement National (RN). La justice lui a infligé une peine d’inéligibilité de cinq ans, assortie d’une application immédiate, la privant de toute candidature jusqu’en 2029.
Cette décision avait porté un coup majeur à ses ambitions présidentielles, alors qu’elle était considérée comme l’une des favorites pour le scrutin de 2027. Marine Le Pen a fait appel, tout comme son parti et dix autres co-prévenus. Les audiences débutent mardi et doivent s’achever le 12 février. Un verdict est attendu avant l’été.
Si la peine d’inéligibilité est levée ou sensiblement réduite, la députée pourrait relancer sa candidature. Dans le cas contraire, elle a déjà désigné son dauphin, le président du RN Jordan Bardella, âgé de 30 ans, pour porter les couleurs du parti.
Après la condamnation, Marine Le Pen a dénoncé une décision « politiquement motivée », accusant la justice de chercher à l’écarter de la vie démocratique. Les magistrats avaient, eux, justifié l’exécution immédiate de la peine afin d’éviter une atteinte « irréparable à l’ordre public démocratique ».
Selon plusieurs sondages, une majorité de Français soutient toutefois la décision judiciaire. En attendant l’issue de l’appel, l’incertitude demeure totale sur la présence – ou non – de Marine Le Pen dans la course à l’Élysée en 2027.