Le terroriste Salah Hamouri porte plainte contre Israël pour « déportation »
Cette plainte vise également la compagnie aérienne El Al


Le terroriste franco-Palestinien Salah Hamouri, expulsé par Israël en 2022, relance la confrontation sur le terrain judiciaire. Vendredi, il a déposé une plainte à Paris pour « déportation », visant directement les autorités israéliennes — et, fait inédit, la compagnie aérienne El Al.
Cette nouvelle action s’ajoute à une enquête déjà ouverte en France depuis l’été 2024 pour détention arbitraire et torture. Les avocats de Hamouri, William Bourdon et Vincent Brengarth, accusent Israël d’avoir mené une politique de « persécution et de ségrégation » à l’encontre de leur client, des faits qui, selon eux, pourraient être qualifiés de crimes de guerre.
Né à Jérusalem d’une mère française, Hamouri disposait d’un statut de résident permanent, réservé aux Palestiniens de la ville. En novembre 2022, les autorités israéliennes lui ont retiré ce statut pour « violation d’allégeance » avant de le renvoyer vers la France un mois plus tard. Une expulsion que l’intéressé présente comme une « déportation politique », destinée à faire taire une voix critique de l’occupation.
Les plaignants vont plus loin : ils mettent en cause la compagnie El Al, accusée d’avoir « contribué matériellement » à ce transfert en embarquant Hamouri « menotté aux mains et aux pieds » sous escorte policière. L’entreprise, selon eux, aurait ainsi pris part au « crime de déportation ». Des magistrats et responsables politiques israéliens ayant validé la mesure figurent également dans la plainte.
Salah Hamouri, 39 ans, n’en est pas à son premier affrontement avec la justice israélienne. Arrêté en 2005, il avait été condamné trois ans plus tard à sept ans de prison pour avoir participé à un projet d’attentat contre l'ancien grand rabbin Ovadia Yossef, fondateur du parti ultra-orthodoxe Shass. Il avait retrouvé la liberté en 2011 dans le cadre de l’échange de prisonniers ayant permis la libération du soldat Gilad Shalit.
Aujourd’hui installé en France, Hamouri présente sa démarche comme un combat au nom du droit international. « Les responsables politiques de ma déportation doivent en répondre », a-t-il déclaré, appelant Paris à défendre « les droits d’un citoyen français violés par un État d’occupation ».
Son expulsion avait été dénoncée à l’époque par la diplomatie française comme « contraire au droit », et qualifiée de « crime de guerre » par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Pour Hamouri, cette plainte vise autant à obtenir justice qu’à alerter sur « la mécanique d’expulsion systématique » visant, selon lui, les Palestiniens de Jérusalem.