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Concorde : 26 ans après le crash de Gonesse, le mythe du supersonique fascine toujours
Trop coûteux, énergivore et difficilement rentable, le Concorde peinait à trouver sa place


Le 25 juillet 2000, le Concorde d’Air France assurant la liaison entre Paris et New York s’écrasait quelques instants après son décollage de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. La catastrophe, qui a coûté la vie à 113 personnes, a marqué le début de la fin pour l’un des avions de ligne les plus emblématiques de l’histoire de l’aviation.
L’aventure commerciale du Concorde avait commencé près d’un quart de siècle plus tôt, le 21 janvier 1976. Pour célébrer le fruit de la coopération franco-britannique, deux appareils avaient décollé simultanément : l’un depuis Paris à destination de Rio de Janeiro, l’autre depuis Londres vers Bahreïn. L’événement, retransmis en direct à la télévision dans de nombreux pays, incarnait alors une nouvelle ère du transport aérien.
Conçu conjointement par la France et le Royaume-Uni et construit entre 1967 et 1979, le Concorde pouvait voler à environ deux fois la vitesse du son, à près de 18 000 mètres d’altitude. Il permettait notamment de relier Paris à New York en seulement trois heures et demie, contre environ huit heures pour un avion de ligne classique.
L’appareil était également un concentré d’innovations. Il fut le premier avion commercial doté de commandes de vol électriques, les ordres du pilote étant transmis par des signaux électroniques plutôt que par des dispositifs mécaniques traditionnels. Il fut également équipé de freins à disque en carbone et d’un système de freinage différentiel, des avancées qui seront ensuite reprises par l’industrie aéronautique.
Mais le 25 juillet 2000, à 16h44, le rêve supersonique bascule. Lors du décollage, l’un des pneus du train d’atterrissage roule sur une lamelle métallique tombée quelques minutes plus tôt d’un autre appareil. Un morceau de caoutchouc est projeté violemment contre un réservoir situé sous l’aile. L’onde de choc provoque une fuite de carburant, qui s’embrase presque immédiatement.
Moins de deux minutes après avoir quitté la piste, le Concorde s’écrase sur un hôtel de Gonesse, dans le Val-d’Oise. Les 100 passagers et les neuf membres d’équipage sont tués, ainsi que quatre personnes au sol.
Si cette catastrophe a profondément ébranlé la confiance du public, le Concorde était déjà confronté à d’importantes difficultés économiques. Un aller-retour transatlantique pouvait coûter près de 8 000 euros, réservant l’expérience à une clientèle très aisée. L’appareil consommait par ailleurs autour de dix litres de carburant par passager aux 100 kilomètres, contre environ 2,5 litres pour un Airbus A350 moderne.
Son impact sonore et environnemental avait également conduit de nombreux pays à interdire aux avions supersoniques de survoler leur territoire. Trop coûteux, énergivore et difficilement rentable, le Concorde peinait à trouver sa place dans une aviation commerciale de plus en plus tournée vers le transport de masse.
Air France et British Airways ont finalement retiré leurs appareils du service en 2003, après vingt-sept années d’exploitation et environ 80 000 vols commerciaux cumulés. Malgré cette fin brutale, le Concorde continue de fasciner par sa silhouette, ses performances et l’ambition technologique qu’il incarnait : celle de faire du voyage supersonique une réalité quotidienne.