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  • Des bébés entièrement développés dans des utérus artificiels, bientôt une réalité ?

Des bébés entièrement développés dans des utérus artificiels, bientôt une réalité ?


L'objectif n'est pas, à ce stade, de remplacer une grossesse complète, mais d'offrir aux bébés nés beaucoup trop tôt un environnement plus proche de celui de l'utérus maternel

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Illustration - Une femme enceinte
Illustration - Une femme enceinteYossi Zamir/FLASH90

Un bébé qui se développe pendant neuf mois sans jamais grandir dans le ventre d'une femme. En 2036, Adam vient au monde après 39 semaines passées dans une poche transparente remplie d'un liquide reproduisant les conditions du liquide amniotique. Relié à un placenta artificiel par son cordon ombilical, il a grandi sous la surveillance permanente de centaines de capteurs contrôlant son rythme cardiaque, son oxygénation, sa température et ses mouvements.

Ce scénario présenté dans Innov'Nation sur i24NEWS relève encore de la science-fiction. Adam n'existe pas. Mais retour en 2026 : les technologies qui ont inspiré cette projection sont, elles, bien réelles et font déjà l'objet de recherches.

Des dispositifs expérimentaux sont notamment testés sur des animaux afin de reproduire certaines fonctions de l'utérus pour de grands prématurés. Le principe consiste à placer le fœtus dans une poche remplie d'un liquide similaire au liquide amniotique. Ses poumons restent remplis de liquide tandis que son cordon ombilical est relié à un système assurant une partie des fonctions du placenta. L'objectif n'est donc pas, à ce stade, de remplacer une grossesse complète, mais d'offrir aux bébés nés beaucoup trop tôt un environnement plus proche de celui de l'utérus maternel.

C'est à partir de ces avancées qu'Innov'Nation a imaginé son "Destination 2036". Mais l'idée d'une gestation entièrement artificielle a également inspiré Hashem Al-Ghaili, biologiste moléculaire, réalisateur et communicant scientifique d'origine yéménite installé à Berlin.


Baptisé "EctoLife", son concept imagine une vaste installation dans laquelle des centaines de fœtus se développeraient dans des capsules transparentes. Comme pour une fécondation in vitro, la conception commencerait par la rencontre d'un ovule et d'un spermatozoïde en laboratoire. L'embryon serait ensuite placé dans un environnement artificiel reproduisant les conditions nécessaires à son développement.

L'intelligence artificielle occuperait une place centrale dans ce système : elle serait chargée de surveiller en permanence les paramètres biologiques du fœtus. Une application permettrait aux futurs parents de suivre sa croissance depuis leur téléphone. Des haut-parleurs intégrés aux capsules leur permettraient également de parler à leur enfant ou de lui faire écouter de la musique.

Le projet imaginé par Hashem Al-Ghaili va encore plus loin. Il évoque le recours à l'édition génétique pour éliminer certains gènes associés à des maladies héréditaires. Un hypothétique "Elite Package" permettrait même de sélectionner certains traits de l'enfant, comme la couleur des yeux, des cheveux ou de la peau, mais aussi sa taille, ses capacités physiques ou son niveau d'intelligence.


Une perspective qui ferait basculer la reproduction artificielle vers la sélection génétique et soulèverait d'immenses questions scientifiques et éthiques. EctoLife n'est aujourd'hui ni une clinique ni une technologie disponible : il s'agit d'un concept futuriste imaginé par Hashem Al-Ghaili.

Son créateur estime néanmoins qu'une partie de ces technologies pourrait devenir possible dans les prochaines années et se généraliser au cours des décennies suivantes.

Entre les expériences menées aujourd'hui pour améliorer les chances de survie des grands prématurés et le scénario radical d'une grossesse entièrement réalisée en laboratoire, la distance reste considérable. Mais les premières briques technologiques existent déjà. Et c'est précisément ce qui rend le scénario d'Adam, le premier "bébé-bulle" imaginé en 2036, moins futuriste qu'il n'y paraît.

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