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Des smileys aux émojis : l’histoire d’un langage universel
Entre révolution numérique, identité culturelle et enjeux économiques, ils façonnent désormais notre manière de communiquer.


Du cœur rouge au visage qui pleure de rire, les émojis se sont imposés comme une composante essentielle de nos conversations numériques. Mais leur histoire commence bien avant les smartphones.
En 1963, le graphiste américain Harvey Ball crée un simple rond jaune souriant pour une compagnie d’assurances souhaitant remotiver ses employés. Deux points pour les yeux, une courbe pour la bouche : le tout premier « smiley » est né. Ce symbole minimaliste devient rapidement un phénomène mondial.
En 1971, l’entrepreneur français Franklin Loufrani dépose la marque Smiley et fonde, avec son fils Nicolas, The Smiley Company, qui détient encore aujourd’hui les droits de la célèbre figure dans de nombreux pays. Pour Nicolas Loufrani, les émojis constituent un langage universel : instantanément reconnaissables, ils traduisent des émotions sans passer par l’apprentissage complexe de l’écrit.
Le véritable tournant numérique intervient en 1999. Au Japon, Shigetaka Kurita conçoit 176 pictogrammes pour les téléphones mobiles. Il forge le terme « émoji », contraction de deux mots japonais signifiant « image » et « caractère ». Le concept explose à l’ère des messageries instantanées.
Aujourd’hui, près de 4 000 émojis existent. Selon les estimations, 4,6 % des messages échangés en ligne contiennent au moins un de ces symboles. En 2015, le visage qui pleure de rire est même sacré « mot de l’année » par le Oxford Dictionaries. En 2017, le terme « émoji » entre officiellement dans Le Petit Robert.
Plus que de simples émoticônes, les émojis représentent désormais des identités culturelles, religieuses ou sociales. Un langage visuel devenu enjeu économique… et parfois politique.