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Intelligence artificielle : les Émirats arabes unis choisissent le camp américain face à la Chine
"Il n'y a que quelques acteurs dans la course à l'intelligence artificielle. Ce sont les États-Unis et la Chine. Et au Moyen-Orient, il n'y en a que deux : les Émirats arabes unis et Israël"


L'intelligence artificielle s'impose comme un nouvel enjeu majeur de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Une compétition technologique qui pourrait progressivement contraindre d'autres pays à choisir leur camp. Au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis semblent avoir déjà tranché en faveur de Washington.
"Il n'y a que quelques acteurs dans la course à l'intelligence artificielle. Ce sont les États-Unis et la Chine. Et au Moyen-Orient, il n'y en a que deux : les Émirats arabes unis et Israël", estime Obaid Alzaabi, analyste politique et spécialiste émirati de l'IA.
Abou Dhabi ne cherche toutefois pas à reproduire l'écosystème technologique américain. Son ambition est plutôt de devenir le grand centre régional des infrastructures indispensables au développement de l'IA : énergie, centres de données, puissance de calcul et capitaux. Une stratégie qui doit permettre aux Émirats de rayonner bien au-delà du Golfe, vers l'Afrique du Nord et de l'Est, l'Asie centrale, le sous-continent indien et jusqu'aux Balkans.
Le pays dispose pour cela d'un atout considérable : ses capacités énergétiques. Il investit dans le nucléaire, le solaire et le gaz, tandis que ses fonds souverains peuvent financer les infrastructures informatiques extrêmement coûteuses nécessaires à l'essor de l'intelligence artificielle.
Mais une ressource essentielle échappe encore à son contrôle : les puces électroniques les plus avancées. Dans ce domaine, les États-Unis disposent d'un avantage technologique qui leur confère un important levier sur leurs partenaires souhaitant accéder aux systèmes d'IA de pointe.
Cette dépendance place les Émirats face à un choix géopolitique. Longtemps proches à la fois des États-Unis et de la Chine, ils peuvent de plus en plus difficilement maintenir cet équilibre à mesure que la rivalité entre les deux puissances s'intensifie.
"Les États-Unis ont été clairs : pour participer à la révolution de l'IA, il faut collaborer exclusivement avec eux. Les Émirats arabes unis ont donc dû choisir, et nous avons choisi les États-Unis", affirme Obaid Alzaabi.
Selon lui, l'enjeu dépasse largement l'intelligence artificielle. La compétition devrait également déterminer le contrôle des satellites, des réseaux de communication, des câbles sous-marins, des centres de données et, à terme, de certaines infrastructures de défense. Deux sphères technologiques concurrentes pourraient ainsi se constituer autour de Washington et de Pékin.
Pour Abou Dhabi, s'aligner sur les États-Unis ne signifie cependant pas se contenter d'acheter des technologies américaines. Les Émirats veulent investir directement dans les infrastructures qui les rendent possibles et ainsi détenir une part du système.
L'objectif est ambitieux : faire du pays le principal centre de calcul de la région et un maillon essentiel de l'écosystème américain de l'IA en Asie et au Moyen-Orient. Une stratégie qui préfigure peut-être un dilemme auquel de nombreux États seront bientôt confrontés : choisir entre les écosystèmes technologiques américain et chinois, au risque, faute de choix, de se retrouver marginalisés.