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Israël face au défi des cerveaux : la mission stratégique de ScienceAbroad
Nadav Douani défend une stratégie clé pour l’avenir d’Israël : reconnecter ses scientifiques expatriés et lever les obstacles au retour, entre emploi, qualité de vie et enjeux sécuritaires.


Dans un contexte où la compétition mondiale pour les talents s’intensifie, Israël fait face à un enjeu crucial : maintenir et rapatrier ses élites scientifiques. À la tête de l’ONG ScienceAbroad, Nadav Douani défend une vision claire : sans ses chercheurs expatriés, le pays ne pourra ni soutenir son excellence académique, ni renforcer son écosystème d’innovation et de sécurité.
Contrairement à une idée répandue, il refuse de parler de « fuite des cerveaux ». « Les gens ne fuient pas, ils partent pour apprendre », explique-t-il. Le véritable problème se situe ailleurs : dans la difficulté du retour. Après plusieurs années à l’étranger, ces scientifiques peinent à se réinsérer dans les universités ou l’industrie israélienne, faute d’opportunités adaptées.
Mais l’obstacle n’est pas uniquement professionnel. Nadav Douani souligne une réalité plus complexe : la qualité de vie à l’étranger, souvent perçue comme plus stable et confortable, joue un rôle déterminant. Entre intégration familiale, systèmes éducatifs plus apaisés et environnement moins tendu, le retour en Israël devient un choix difficile. « Ce n’est pas seulement une question d’emploi, mais aussi de culture et de sécurité », insiste-t-il.
Face à ce défi, ScienceAbroad concentre ses efforts sur un levier clé : l’emploi. Grâce à son « Talent Lab », l’organisation facilite activement l’accès à des postes qualifiés, avec plus de 400 opportunités proposées chaque mois. L’objectif est clair : permettre aux scientifiques de réaliser leur potentiel tout en reconstruisant leur vie en Israël.
Au-delà de l’accompagnement individuel, l’ONG anime un réseau de plus de 70 communautés à travers le monde, maintenant un lien constant entre Israël et ses talents expatriés.
Fait marquant : depuis le 7 octobre, loin de provoquer un exode, la crise a ravivé un sentiment d’appartenance. « Beaucoup regardent Israël et se disent : c’est là que nous voulons vivre », observe Nadav Douani.
Entre défi démographique, enjeu économique et engagement identitaire, la bataille pour les cerveaux est devenue un pilier stratégique de l’avenir israélien.