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Les smartphones pourraient-ils contribuer à la baisse de la fécondité mondiale ?
L’usage massif des téléphones intelligents réduit les interactions sociales directes et, par conséquent, les occasions de rencontres et de relations sexuelles


La fécondité mondiale a été divisée par deux en l’espace de 75 ans, et plus de la moitié des pays se situent désormais sous le seuil de renouvellement des générations. Si les causes de ce recul sont multiples, deux études américaines mettent en avant un facteur jusqu’ici moins étudié : la généralisation des smartphones.
Les chercheurs évoquent même un possible "effet smartphone". Leur hypothèse repose sur l’idée que l’usage massif des téléphones intelligents réduit les interactions sociales directes et, par conséquent, les occasions de rencontres et de relations sexuelles.
Aux États-Unis, le taux de fécondité a diminué de 22 % depuis 2007, année du lancement de l’iPhone. Pour tenter d’isoler l’effet du smartphone, des chercheurs ont exploité une particularité du marché américain : entre 2007 et 2011, l’iPhone n’était commercialisé que par l’opérateur AT&T.
Ils ont ainsi comparé l’évolution de la fécondité dans les zones couvertes par cet opérateur avec celle observée dans les régions où l’accès à l’iPhone était plus limité. Selon leurs travaux, les zones bénéficiant d’un accès au smartphone d’Apple ont connu une baisse plus marquée du nombre d’enfants par femme.
Les études relèvent également des différences selon l’âge et le sexe. Le recul de l’activité sexuelle serait particulièrement prononcé chez les 15-24 ans, ainsi que chez les femmes.
Les chercheurs ont ensuite élargi leurs analyses à 128 autres pays. Là encore, ils constatent que la baisse de la fécondité tend à s’accélérer parallèlement à la diffusion massive des smartphones.
Ces résultats ne signifient pas que les téléphones portables constituent l’unique cause de la chute de la natalité. Le coût du logement, l’éducation, la précarité économique ou encore l’évolution des modes de vie restent des facteurs majeurs. Mais les auteurs suggèrent que la diminution des interactions sociales et de l’activité sexuelle pourrait jouer un rôle plus important qu’on ne le pensait jusqu’ici.
Autrement dit, la baisse de la fécondité ne serait pas seulement liée au coût d’avoir des enfants, mais aussi à une transformation profonde de la manière dont les individus se rencontrent, échangent et construisent leurs relations.