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Plongée dans la face cachée et criminelle du dark web


Le dark web pas été conçue à l'origine pour la criminalité mais pour protéger des communications en ligne

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C'est une partie d'Internet inaccessible aux moteurs de recherche traditionnels et largement invisible pour l'utilisateur ordinaire. Dans un reportage réalisé pour Innov'Nation sur i24NEWS par Lyn Plagmeijer, Rotem Feldner et Shani Guidalia, Ori Segal, cofondateur et PDG de la société de cybersécurité Cyvore, ouvre les portes du dark web et de ses marchés clandestins.

Pour comprendre cet univers, le spécialiste distingue trois niveaux. Il y a d'abord le web ouvert, celui des sites accessibles à tous. Vient ensuite le "deep web", qui comprend notamment les espaces nécessitant une authentification, comme un compte bancaire. Enfin, le dark web nécessite des outils spécifiques, dont le navigateur Tor.

Contrairement au web classique, les sites visités dans le reportage ne sont pas recherchés sur Google : leurs adresses, qui se terminent notamment par ".onion", circulent entre utilisateurs, en particulier sur des messageries chiffrées. Tor permet de faire transiter les connexions par plusieurs relais afin de rendre beaucoup plus difficile l'identification et la localisation de leurs utilisateurs.

Une technologie qui n'a pourtant pas été conçue à l'origine pour la criminalité. Les principes à l'origine de Tor ont été développés dans le cadre de recherches menées par l'US Naval Research Laboratory afin de protéger des communications en ligne. L'anonymat offert par le réseau est aujourd'hui utilisé aussi bien à des fins légitimes que par des réseaux criminels.


Devant les caméras d'i24NEWS, Ori Segal montre plusieurs marchés clandestins proposant des données volées, des cartes bancaires, de faux documents d'identité ou encore des informations personnelles. Certains sites proposent même des services destinés à nuire directement à une personne.

Comme sur les plateformes commerciales classiques, certains vendeurs disposent de notes attribuées par leurs clients. "Il n'y a aucune garantie que vous recevrez réellement ce que vous achetez, parce que vous avez affaire à des escrocs", explique Ori Segal. Ces évaluations servent donc à établir une forme de réputation entre criminels.

Le reportage montre également des plateformes affirmant vendre des photos et vidéos intimes volées de célébrités. Ori Segal évoque notamment des contenus obtenus après le piratage de téléphones ou de comptes personnels. Le phénomène dépasse les personnalités publiques : le revenge porn, les données privées dérobées et leur commercialisation constituent également une partie de cette économie clandestine.


Plus inquiétant encore, Ori Segal montre à l'équipe d'Innov'Nation des pages prétendant donner accès, contre paiement en cryptomonnaie, à des "red rooms", où des actes de violence sexuelle seraient diffusés en direct et où les spectateurs pourraient payer pour intervenir. L'existence réelle de tels services tels qu'ils sont présentés sur certaines pages du dark web reste toutefois extrêmement difficile à authentifier, nombre de ces offres pouvant également relever de l'escroquerie.

L'anonymat n'est d'ailleurs jamais absolu. Les forces de l'ordre et les spécialistes de la cybersécurité développent constamment des techniques permettant de remonter jusqu'aux administrateurs et utilisateurs de plateformes criminelles.

Ori Segal déconseille ainsi formellement aux internautes ordinaires de s'aventurer sur le dark web. "Je ne recommande à personne de télécharger Tor et d'essayer d'aller sur le dark web", prévient-il, soulignant qu'une navigation imprudente peut exposer l'utilisateur à de nombreux risques.

Derrière l'image d'un Internet totalement invisible et incontrôlable se trouve donc une réalité plus complexe : un réseau conçu pour préserver l'anonymat, mais dont certaines zones sont devenues le terrain de trafics, d'escroqueries et de contenus criminels. Une face obscure du Web qu'Innov'Nation a choisi d'explorer de l'intérieur.

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