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Quand la science résiste à la guerre : des chercheurs israéliens relancent l’espoir contre le diabète
Malgré la destruction partielle de leurs laboratoires lors des frappes iraniennes sur l’hôpital Soroka de Beer-Sheva, des chercheurs israéliens poursuivent leurs travaux avec détermination.


Près de 590 millions d’adultes vivent aujourd’hui avec le diabète dans le monde. En France, ils sont environ 4 millions, et 615 000 en Israël, confrontés à une maladie chronique qui bouleverse durablement le quotidien. Au cœur du Néguev, des scientifiques israéliens travaillent pourtant à une avancée majeure : comprendre et réguler les mécanismes biologiques qui contrôlent le taux de sucre dans le sang. Un espoir scientifique brutalement percuté par la guerre, mais qui n’a pas été anéanti.
Le 19 juin au matin, une salve de missiles balistiques iraniens frappe la région de Beer Sheva. L’hôpital Soroka, plus grand centre hospitalier du Néguev, est touché. Par miracle, les patients sont épargnés, mais les dégâts sont considérables : huit blocs opératoires et six laboratoires de recherche sont détruits. Parmi eux, celui du professeur Ehud Ohana, spécialiste de la communication métabolique à l’Université Ben Gourion.
« Nous marchions dans vingt centimètres d’eau, mêlée de boue et de substances que je préfère ne pas décrire », raconte le chercheur. L’impact du missile a anéanti près de cinq années de travaux scientifiques. Pourtant, grâce à la réactivité des étudiants, des échantillons biologiques cruciaux ont pu être sauvés, permettant à la recherche de continuer.
Les travaux du professeur Ohana portent sur le métabolisme cellulaire, un champ désormais central pour comprendre des maladies comme le diabète de type 2, la maladie de Crohn ou certaines pathologies inflammatoires chroniques. Les chercheurs ont observé que des métabolites spécifiques, présents dans le sang et les tissus, jouent un rôle clé dans l’inflammation et la dérégulation du glucose.
Leur découverte majeure : le foie, deuxième plus grand organe du corps humain, agit comme une véritable usine métabolique. En interférant avec certains mécanismes moléculaires, les scientifiques ont constaté que les cellules hépatiques pouvaient absorber trois à quatre fois plus de sucre que la normale, ouvrant une piste prometteuse pour réduire l’hyperglycémie chez les patients diabétiques.
Publiés dans la prestigieuse revue Nature Communications, ces résultats montrent que de nombreuses maladies inflammatoires et immunologiques sont intimement liées au métabolisme. À terme, cette approche pourrait permettre une médecine de précision, capable d’identifier des patients génétiquement à risque avant même l’apparition de la maladie, et d’agir en prévention.
Au-delà du diabète, ces recherches pourraient également cibler les cellules cancéreuses, particulièrement sensibles aux perturbations métaboliques, sans endommager les cellules saines.
« La science est notre mission de vie », affirme le professeur Ohana. Malgré les destructions, son équipe poursuit ses travaux avec une conviction intacte : faire avancer la connaissance, non seulement pour Israël, mais pour l’humanité tout entière.