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Réseaux sociaux interdits aux mineurs : le pari australien déjà contourné par les adolescents
Six mois après l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en Australie, plusieurs enquêtes montrent que la majorité des adolescents continuent d’utiliser TikTok, Instagram ou YouTube.


Moins de six mois après avoir interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, l’Australie dresse un premier bilan décevant. Présentée comme une mesure pionnière pour protéger les adolescents du cyberharcèlement et des effets néfastes des plateformes sur la santé mentale, l’interdiction peine à produire ses effets.
Plusieurs enquêtes réalisées ces dernières semaines montrent que la grande majorité des adolescents australiens de moins de 16 ans continuent d’utiliser les réseaux sociaux.
Selon une étude menée auprès de plus de 1.000 enfants âgés de 12 à 15 ans, plus de 60% utilisent encore des plateformes comme YouTube, TikTok ou Instagram, pourtant censées leur être interdites. Début avril, un rapport de l’agence australienne de sécurité en ligne indiquait également que sept adolescents sur dix étaient toujours présents sur ces plateformes.
La principale explication tient à l’application très limitée de la mesure. Deux tiers des adolescents interrogés affirment que les réseaux sociaux ne prennent aucune disposition concrète pour bloquer les comptes concernés. Beaucoup en concluent que l’interdiction existe davantage sur le papier que dans la réalité.
Les jeunes ont aussi rapidement appris à contourner les contrôles. Sur Reddit, certains internautes ont suggéré l’achat de masques en maille imprimés en 3D pour tromper la reconnaissance faciale. D’autres utilisent des VPN pour masquer leur localisation, créent des comptes avec de fausses dates de naissance ou demandent à des proches plus âgés de le faire pour eux.
Le résultat est d’autant plus préoccupant que l’objectif initial était de réduire le cyberharcèlement. Or, les plaintes dans ce domaine auraient augmenté de 26% entre janvier 2025 et janvier 2026, ce qui interroge l’efficacité réelle de l’interdiction.
Malgré ce bilan mitigé, plusieurs pays s’intéressent au modèle australien. En Europe, la France, l’Allemagne, l’Espagne ou encore le Danemark travaillent sur des dispositifs similaires. Le Parlement français a adopté une mesure en mars : dès septembre, toute création de compte devra passer par une vérification de l’âge, puis tous les utilisateurs existants devront être contrôlés d’ici au 1er janvier 2027.
En France, seuls les réseaux jugés susceptibles de nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral des moins de 15 ans seront interdits, une liste devant être établie par les autorités. Israël, le Royaume-Uni, la Norvège et la Nouvelle-Zélande suivent également de près l’expérience australienne.