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Ukraine, Israël : les robots s'apprêtent à prendre une place croissante sur le champ de bataille
L'armée israélienne entend désormais accélérer l'intégration de technologies développées par les entreprises de défense, les start-up et les instituts de recherche


Des robots à la place des soldats en première ligne ? Ce scénario, qui semble encore relever de la science-fiction, pourrait devenir une réalité bien plus rapidement qu'on ne l'imagine. En Ukraine comme en Israël, les armées misent désormais sur la robotique et l'intelligence artificielle pour réduire l'exposition des combattants et transformer la conduite des opérations militaires.
En Ukraine, un projet privé baptisé "armée de robots" ambitionne ainsi de déployer des robots humanoïdes sur le front dans les prochains mois. Portée notamment par un ancien ministre ukrainien de la Défense, l'initiative répond à un problème majeur : le manque de soldats après plusieurs années de guerre.
Ces machines pourraient effectuer des tâches jusqu'ici réservées aux militaires : transporter des munitions, évacuer des blessés, poser ou neutraliser des mines, mener des missions de reconnaissance ou encore intervenir dans les zones les plus dangereuses. Des robots humanoïdes pourraient également recharger une mitrailleuse, remplacer une batterie ou installer des capteurs.
Le projet s'inscrit dans le prolongement de "l'armée de drones", développée depuis 2022. Ses promoteurs veulent aller beaucoup plus loin : un premier robot de combat pourrait être testé dans les six prochains mois et, à l'horizon d'un an, des robots et des drones coordonnés pourraient mener une offensive contre une position ennemie sans intervention directe de l'infanterie. À terme, l'objectif affiché est de remplacer environ 30 % des soldats déployés en première ligne par des machines.
Israël accélère également dans ce domaine. Sous l'impulsion du chef d'état-major Eyal Zamir, Tsahal a mis en place une structure spécialisée dans la robotique et l'intelligence artificielle afin de développer des systèmes terrestres, aériens et maritimes capables d'opérer avec une autonomie croissante.
Cette stratégie s'appuie notamment sur les enseignements tirés des combats depuis le 7 octobre. À Gaza et au Liban, Tsahal a déjà utilisé différentes plateformes robotisées pour mener des missions particulièrement dangereuses. Des robots terrestres ont notamment été déployés pour explorer et sécuriser des tunnels, tandis que des véhicules sans équipage ont été envoyés en amont des soldats afin de détecter ou neutraliser certaines menaces.
L'armée israélienne entend désormais accélérer l'intégration de technologies développées par les entreprises de défense, les start-up et les instituts de recherche. "Nous ne sommes qu'au début de cette révolution", estime Yaron Sarig, chargé de la recherche et du développement des technologies militaires. Selon lui, la robotique constitue "un pont essentiel vers le monde de l'IA", appelée à être intégrée à terme aux systèmes d'armes et aux capacités opérationnelles des soldats.
Le groupe israélien Elbit Systems a lui aussi récemment présenté un système permettant de coordonner en temps réel un grand nombre de plateformes autonomes terrestres et aériennes.
Cette évolution soulève toutefois une question majeure. Si les machines peuvent progressivement remplacer les soldats dans les missions les plus dangereuses, jusqu'où leur autonomie pourra-t-elle aller ? Au-delà de la performance technologique, le développement de ces systèmes pose notamment la question du contrôle humain sur la décision d'ouvrir le feu.