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L’Université du Michigan s’excuse après un discours saluant les manifestants pro-palestiniens
Une cérémonie de remise de diplômes à l’Université du Michigan a déclenché une vive controverse après les propos d’un professeur en faveur d’étudiants mobilisés contre la guerre à Gaza.


L'établissement a depuis présenté ses excuses.  L'incident s'est produit le 2 mai, sur le campus d'Ann Arbor, lors de la cérémonie de printemps. Derek Peterson, président sortant du Sénat des professeurs de l'établissement, a rendu hommage à des étudiants pro-palestiniens, saluant leur mobilisation contre la guerre menée par Israël à Gaza. Dans son discours, il a choisi de mettre en avant plusieurs figures et mouvements liés à l'histoire de l'université.
Il a notamment rendu hommage à Moritz Levi, présenté comme le premier professeur juif de l'établissement, nommé à la fin du XIXe siècle. Quelques instants plus tard, il a également salué les étudiants pro-palestiniens, affirmant que leur mobilisation avait attiré l'attention sur la souffrance des civils à Gaza et sur les conséquences de la guerre menée par Israël.
Ces déclarations ont été accueillies par des applaudissements dans le stade, mais elles ont rapidement provoqué de fortes critiques. Plusieurs organisations juives, dont le Hillel de l'Université du Michigan et l'American Jewish Committee, ont estimé qu'une cérémonie de remise de diplômes ne devait pas servir de tribune politique sur un sujet aussi sensible.
Face à la polémique, le président par intérim de l'université, Domenico Grasso, a publié un message d'excuses. Il a reconnu que les propositions tenues avaient blessé une partie de la communauté universitaire et a rappelé que l'établissement entendait préserver une position de neutralité institutionnelle sur le conflit israélo-palestinien.
Cette réaction officielle a toutefois été contestée au sein même du campus. Une lettre ouverte, signée par plus de 1 100 enseignants, étudiants et membres du personnel, a reproché à la direction d'avoir désavoué trop rapidement le professeur. Les signataires estiment que ses propositions s'inscrivent dans une réflexion plus large sur l'engagement étudiant et la lutte contre les injustices.
Les soutiens de Derek Peterson considèrent que les étudiants mobilisés pour la cause palestinienne ont exercé leur liberté d'expression et défendu une cause qu'ils jugent humanitaire. Selon eux, condamner publiquement ces propositions revient à limiter le débat sur le campus.
Ses opposants défendent une lecture différente. À leurs yeux, l'évocation de la guerre à Gaza dans un discours de remise de diplômes a exclu une partie des étudiants, notamment au sein de la communauté juive. Ils estiment que ce moment aurait dû rester consacré aux diplômés, sans prise de position sur un conflit international particulièrement clivant.
La controverse a également dépassé le cadre universitaire. Des responsables politiques républicains ont dénoncé l'incident et appelé à reconsidérer le financement public de l'établissement. Cette réaction illustre la pression croissante exercée sur les universités américaines depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.
Comme d'autres campus aux États-Unis, l'Université du Michigan a été marquée ces dernières années par des campements et des manifestations pro-palestiniennes. Ces mobilisations ont alimenté des débats récurrents sur la liberté d'expression, l'antisémitisme, la sécurité des étudiants juifs et la place du militantisme politique dans l'enseignement supérieur.