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À l’ONU, l’auteure du rapport sur les violences sexuelles du 7 octobre dénonce des « victimes abandonnées »
« Votre comportement après le 7 octobre m’a profondément attristée », a-t-elle lancé au Conseil des droits de l’homme des Nations unies


Invitée à s’exprimer devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, la docteure Kochav Elkayim-Levy, présidente de la Commission civile d’enquête sur les crimes du Hamas, a présenté ce mercredi les conclusions d’un rapport consacré aux violences sexuelles commises lors de l’attaque du 7 octobre 2023 et durant la captivité des otages à Gaza.
Au cours de son intervention, la juriste israélienne a détaillé les principaux constats de la commission, qui travaille depuis octobre 2023 à documenter les exactions attribuées au Hamas. « Pendant plus de deux ans, nous avons documenté des crimes que beaucoup croyaient impossibles », a-t-elle déclaré. Selon elle, les enquêteurs ont recensé « treize types de crimes », parmi lesquels des viols, des viols collectifs, des actes de torture sexuelle et des mutilations.
La chercheuse a affirmé que les violences avaient été commises dans une logique de terreur et d’humiliation publique. « Les victimes étaient filmées pendant qu’elles étaient torturées et humiliées. Les familles étaient forcées d’assister aux souffrances de leurs proches », a-t-elle expliqué, ajoutant que « les corps des femmes étaient transformés en spectacle de guerre ».
Mais c’est surtout l’attitude de la communauté internationale après le 7 octobre que Kochav Elkayim-Levy a vivement dénoncée. S’adressant directement aux représentants des Nations unies, elle a déclaré : « Votre comportement après le 7 octobre m’a profondément attristée », a-t-elle lancé.
Selon elle, la réponse internationale a révélé un traitement différencié des victimes en fonction de leur identité. « La compassion n’existe pas et les droits de l’homme dépendent de l’identité des victimes et d’un agenda politique », a-t-elle affirmé. « Les victimes israéliennes n’ont bénéficié ni de compassion ni de protection de la part de ce système. »
Le rapport présenté à Genève s’appuie sur des témoignages, documents et éléments recueillis depuis l’attaque du Hamas. Selon ses auteurs, il vise à établir un cadre factuel et juridique destiné à répondre aux tentatives de négation ou de minimisation des violences sexuelles commises le 7 octobre et pendant la détention des otages.
Présent à la session, le directeur exécutif de l’organisation UN Watch, Hillel Neuer, a lui aussi critiqué l’attitude de certaines instances onusiennes. « Les victimes du 7 octobre méritent la même reconnaissance, la même compassion et la même justice que toutes les autres victimes de violences sexuelles », a-t-il déclaré, estimant que « les droits humains ne peuvent être sélectifs ».
La veille, l’ex-otage Ilana Gritzewsky était également intervenue à Genève pour évoquer les violences sexuelles subies par certaines victimes du 7 octobre et par des personnes retenues en captivité. S’adressant à la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes, elle avait lancé : « Aucune preuve ? Je suis un témoin vivant de violences sexuelles. »