- i24NEWS
- International
- États-Unis-Iran : une coopération inattendue révélée malgré les tensions
États-Unis-Iran : une coopération inattendue révélée malgré les tensions
Malgré l’affrontement politique et militaire entre Washington et Téhéran, les deux pays ont discrètement coopéré sur l’expulsion de plus de 100 ressortissants iraniens.


Malgré les fortes tensions entre Washington et Téhéran, les deux pays ont coopéré sur le renvoi de ressortissants iraniens depuis les États-Unis vers l’Iran, révèle une enquête de l’Associated Press (AP). L’agence s’appuie sur des courriels internes de responsables américains de l’immigration, rendus publics par le National Iranian American Council (NIAC).
Selon ces documents, les autorités américaines et iraniennes ont coordonné l’expulsion de plus de 100 Iraniens lors de trois vols, organisés en septembre et décembre 2025, puis en janvier 2026.
Les échanges montrent que ce dossier est resté une priorité pour l’administration Trump, y compris pendant la guerre de douze jours de juin 2025. Malgré la fermeture de l’espace aérien iranien et les difficultés liées à l’obtention de documents de voyage, des responsables de l’ICE, la police américaine de l’immigration, ont continué à chercher des solutions pour organiser les retours.
Plus sensible encore, les courriels indiquent que des représentants iraniens ont eu une influence sur les listes des personnes expulsées. Dans un message datant d’août 2025, un responsable américain explique ainsi avoir ajouté plusieurs dossiers « à la demande de l’ambassade d’Iran ». D’autres échanges font état de demandes de Téhéran visant à modifier les listes ou à accélérer certains renvois.
Selon AP, onze ressortissants iraniens ont également affirmé dans des déclarations judiciaires avoir été contraints, alors qu’ils étaient détenus aux États-Unis, de rencontrer des représentants du régime iranien. Certains soutiennent que ces derniers détenaient des informations détaillées sur leurs demandes d’asile.
Ces révélations suscitent de vives critiques parmi les défenseurs des droits humains. Jamal Abdi, président du NIAC, estime qu’elles mettent en lumière une contradiction entre le discours américain de soutien au peuple iranien et la priorité accordée aux expulsions vers la République islamique.