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Spécial week-end | Esclavage moderne : 50 millions de personnes toujours victimes de travail ou de mariage forcés
La lutte contre ce phénomène se heurte encore à de profondes lacunes dans l’identification et la protection des victimes.


L’esclavage moderne désigne les situations dans lesquelles une personne est contrainte de travailler ou de vivre sous le contrôle d’un tiers, sans réelle possibilité de partir, en raison de menaces, de violences, de tromperies ou d’un rapport de force extrême. Selon les données du Global Slavery Index citées dans l’enquête, environ 28 millions de personnes seraient victimes de travail forcé et 22 millions de mariage forcé.
Plus de la moitié des personnes concernées vivraient dans cinq pays : l’Inde, la Chine, la Corée du Nord, le Pakistan et la Russie. Rapportée à la population, la situation apparaît particulièrement grave en Corée du Nord, en Érythrée ou encore en Mauritanie. En Chine, l’article évoque également le sort des Ouïghours du Xinjiang, soumis selon de nombreux rapports à des formes de travail forcé.
Le phénomène prospère notamment dans les secteurs employant une main-d’œuvre vulnérable : agriculture, bâtiment, aide à domicile ou travail domestique. Endettement auprès d’intermédiaires, dépendance envers l’employeur, isolement et crainte de perdre son statut légal peuvent enfermer les travailleurs dans des situations d’exploitation.
En Israël, bien que l’esclavage et le travail forcé soient interdits depuis 2006, une étude de TraffLab, à l’Université de Tel-Aviv, citée par i24NEWS, pointe des insuffisances persistantes dans l’identification des victimes et les poursuites judiciaires. Entre 2015 et 2017, aucun homme n’aurait ainsi été officiellement identifié comme victime de traite à des fins de travail.
Les experts recommandent notamment de renforcer les unités spécialisées, d’associer davantage travailleurs sociaux et juristes au processus d’identification et de mieux distinguer protection des victimes et contrôle migratoire.