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Belgique : le "coordinateur" logistique des attentats du 13-Novembre obtient des permissions de sortie
Cette décision, prise malgré l’opposition du parquet, provoque une vive polémique en Belgique, où plusieurs responsables dénoncent une atteinte à la mémoire des victimes.


L’un des hommes condamnés pour son rôle dans les attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris, qui avaient fait 130 morts, a obtenu en Belgique le droit de quitter temporairement la prison, une décision qui suscite une vive polémique. Mohamed Bakkali, considéré comme le coordinateur logistique des attaques, purge une peine de 30 ans dans l’établissement pénitentiaire d’Ittre, au sud de Bruxelles.
Selon le parquet belge, un tribunal de Bruxelles a autorisé Bakkali à bénéficier de six permissions de sortie, chacune d’une durée de 36 heures. «Le tribunal a pris cette décision malgré l’opposition du parquet. Le parquet ne dispose d’aucun droit d’appel, la décision est donc définitive», a indiqué le parquet de Bruxelles à l’AFP, précisant qu’il revenait désormais au directeur de la prison de l’appliquer.
Cette décision a provoqué l’indignation d’une partie de la classe politique belge. Le député de droite Denis Ducarme a dénoncé «une honte», évoquant une «banalisation du terrorisme». «Cette décision semble tourner le dos à la mémoire des victimes», a-t-il ajouté lors d’une séance parlementaire.
La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, a défendu une mesure accordée sous «conditions très strictes», après «un examen approfondi du dossier». Elle a également rappelé que Bakkali avait déjà bénéficié par le passé de sorties temporaires, mais pour des durées plus courtes.
En 2022, la justice française avait condamné Mohamed Bakkali à 30 ans de réclusion pour avoir aidé les terroristes du 13-Novembre, notamment en louant des planques et des véhicules, ainsi qu’en fournissant de faux papiers d’identité. Il avait également été condamné en Belgique à 25 ans de prison pour son rôle dans l’attaque du train Thalys reliant Amsterdam à Paris en 2015, au cours de laquelle deux passagers avaient été blessés.
Remis à la France pour son procès, Bakkali avait été transféré à condition de revenir purger sa peine en Belgique. Son cas relance aujourd’hui un débat brûlant sur l’exécution des peines, la mémoire des victimes et la gestion judiciaire des condamnés pour terrorisme.