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Royaume-Uni : une mère de famille interrogée par la police après s'être rendue en Israël
Deux policiers en civil se sont présentés à son domicile pour l’interroger sur ses liens avec Israël, son voyage et son intérêt pour les questions juives


Holly Passmore, mère de deux enfants et résidant dans le comté de Durham, dans le nord-est de l’Angleterre, a fait l’objet d’un signalement auprès du programme gouvernemental britannique de prévention de la radicalisation. L’affaire, révélée samedi par le quotidien The Telegraph, remonte à juillet 2025, quelques semaines après son retour d’un séjour en Israël organisé dans le cadre d’une délégation accueillie par l’ambassade d’Israël à Londres.
Deux policiers en civil se sont présentés à son domicile pour l’interroger sur ses liens avec Israël, son voyage et son intérêt pour les questions juives. « Ils m’ont demandé quels étaient mes liens avec Israël et si je comptais y retourner », a-t-elle raconté. Les agents lui auraient également demandé pourquoi elle s’intéressait aux « questions juives », alors que le comté de Durham ne compte pas une importante population juive, ainsi que si elle s’était déjà rendue à Auschwitz.
Holly Passmore, qui n’est pas juive, dispose d’un compte sur le réseau social X suivi par plus de 28 000 personnes. Depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, elle y publie régulièrement des messages dénonçant l’antisémitisme et exprimant son soutien à Israël. Lors de son séjour dans le pays, elle s’est notamment rendue au kibboutz Kfar Aza, attaqué par les terroristes du Hamas le 7 octobre.
Elle poursuit par ailleurs un master en études de la Shoah à l’université de Haïfa. Elle élève également son fils de neuf ans, atteint d’autisme sévère.
Ce n’est que plusieurs mois après la visite des policiers qu’elle a pu consulter les documents relatifs au signalement. La source anonyme l’accusait de s’identifier de manière excessive au conflit israélo-palestinien et de soutenir Israël au point de s’y rendre. Le signalement évoquait également de supposés troubles mentaux et une vulnérabilité aux influences extérieures, des allégations qu’elle conteste.
« Je pense qu’ils savaient que je n’étais pas vulnérable, mais qu’ils voulaient me surveiller parce que je soutenais Israël », a-t-elle déclaré au Telegraph.
Un document des services de renseignement de la police, consulté par le quotidien britannique, précise explicitement qu’« il n’y a pas lieu de craindre le terrorisme lorsqu’une personne soutient Israël qui est une démocratie, et le fait de s’y rendre ne suscite pas non plus d’inquiétudes à ce sujet ».
Trois jours après la visite des policiers, Holly Passmore a déposé une plainte. Deux autres agents, dont un officier supérieur, se sont ensuite rendus à son domicile et lui ont indiqué qu’elle n’était considérée ni comme une terroriste ni comme une extrémiste.
La Britannique a également découvert récemment que son dossier médical avait été classé comme celui d’une personne vulnérable, huit jours après son retour d’Israël. Cette classification serait restée en vigueur pendant près d’un an, jusqu’en mai 2026, sans qu’elle en ait été informée. Elle s’interroge sur un éventuel lien avec le signalement et la procédure engagée à son encontre.