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Netanyahou présente sa nouvelle doctrine sécuritaire et affirme vouloir renverser le régime iranien
Le Premier ministre estime avoir accompli environ 90 % de sa mission contre la menace iranienne, tout en avertissant que Téhéran cherchera à reconstituer ses capacités militaires


À neuf jours des élections législatives, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a présenté dimanche sa nouvelle doctrine de sécurité nationale. Il a affirmé vouloir provoquer la chute du régime iranien, défendu une stratégie de frappes préventives et annoncé vouloir renforcer l’autonomie militaire d’Israël. Il a également vivement attaqué son rival politique Gadi Eisenkot.
Lors d’une conférence de presse de près de deux heures, Netanyahou a exposé les grandes lignes d’une stratégie élaborée après les attaques du 7 octobre et la guerre qui a suivi. L’objectif : passer d’une politique d’endiguement à une approche offensive, fondée sur l’anticipation des menaces, le renseignement et la capacité de frapper avant qu’un adversaire ne passe à l’action.
Le Premier ministre a fait du renversement du pouvoir iranien l’un de ses principaux objectifs. Selon lui, les opérations menées contre les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran ont considérablement affaibli le régime, mais ne suffisent pas à écarter durablement la menace.
« Notre plan est un plan très complet et très déterminé visant à provoquer la chute du régime. C’est mon plan. C’est la directive que j’ai donnée à tous les services de sécurité, et c’est ce qui se produira », a-t-il déclaré. Netanyahu estime avoir accompli environ 90 % de sa mission contre la menace iranienne, tout en avertissant que Téhéran cherchera à reconstituer ses capacités militaires.
Il a également assuré qu’Israël agirait indépendamment si nécessaire, même sans l’accord de Washington, tout en soulignant l’importance de la coordination avec le président américain Donald Trump.
Le premier ministre a par ailleurs réitéré vouloir réduire la dépendance d’Israël aux fournisseurs étrangers d’armements, notamment américains, en développant la production nationale. Il a également évoqué le renforcement de la frontière orientale, la lutte contre les drones et les missiles de précision, ainsi que les risques liés aux cyberattaques et à l’intelligence artificielle.
Il a également défendu le maintien de zones de sécurité à Gaza, au Liban et en Syrie. Concernant Gaza, il a conditionné toute reconstruction d’ampleur au désarmement du Hamas et à la démilitarisation du territoire. Il a averti qu’Israël interviendrait lui-même si une force extérieure ne parvenait pas à atteindre cet objectif.
Au Liban, il a estimé que le désarmement du Hezbollah constituait un préalable à toute avancée politique. Il a aussi plaidé pour le développement de nouvelles alliances régionales et internationales, afin de consolider la position d’Israël face à l’Iran et de limiter sa dépendance à l’égard des États-Unis.
À l’approche du scrutin, Netanyahou a également consacré une partie de son intervention à ses adversaires politiques, en particulier Gadi Eisenkot. Il l’a accusé de faire preuve de faiblesse face à l’Iran et de vouloir accepter des concessions à Gaza.
Sur le plan électoral, le Premier ministre a reconnu que la course entre les blocs était serrée et que chaque voix pourrait compter. Il a confirmé son intention de former d’abord un gouvernement de droite, auquel d’autres partis pourraient ensuite se joindre. Il a également indiqué qu’Itamar Ben-Gvir pourrait participer à la prochaine coalition, tout en souhaitant que les ministères de la Défense et de la Sécurité nationale restent aux mains du Likoud.
Netanyahou a enfin réaffirmé son opposition à la création d’un État palestinien et défendu le projet de loi gouvernemental sur la conscription des orthodoxes, qu’il entend remettre à l’ordre du jour après les élections.