Des convois d'orthodoxes paralysent plusieurs axes routiers pour protester contre la conscription
Des convois de véhicules partis de 19 villes du pays ont convergé vers la prison militaire n°10, près de Kfar Yona, où sont détenus plusieurs réfractaires à la conscription


D’importantes perturbations de circulation sont enregistrées ce mercredi à travers Israël en raison d’une mobilisation massive de la communauté orthodoxe contre l’enrôlement des étudiants des yeshivot dans l’armée. Des convois de véhicules partis de 19 villes du pays ont convergé vers la prison militaire n°10, près de Kfar Yona, où sont détenus plusieurs réfractaires à la conscription.
Les organisateurs avaient appelé les participants à circuler à vitesse réduite afin de ralentir le trafic sur les principaux axes. Dès le début de l’après-midi, des embouteillages se sont formés sur plusieurs routes majeures, notamment les autoroutes 1, 4 et 6. Un accident survenu près de l’échangeur Daniel a par ailleurs aggravé les difficultés de circulation sur l’autoroute 6 en direction du sud.
La manifestation, initiée par la mouvance hassidique de Gour, a mobilisé plusieurs responsables politiques orthodoxes. Parmi eux figurait le ministre du Logement et président d’Agoudat Israël, Yitzhak Goldknopf, qui a pris la tête du convoi parti de Jérusalem. « Il est inconcevable qu’un jeune Juif puisse étudier librement la Torah à l’étranger mais pas dans l’État juif », a-t-il déclaré.
À Bnei Brak, plusieurs figures du judaïsme orthodoxe et des députés de la coalition ont participé au rassemblement de départ. Les organisateurs réclament le rétablissement d’une exemption généralisée du service militaire pour les étudiants des institutions talmudiques.
L’action intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la question de la conscription des Haredim. Alors que Tsahal cherche à élargir le recrutement pour répondre aux besoins liés à la guerre, les partis orthodoxes multiplient les initiatives pour s’opposer aux arrestations et à l’incarcération des jeunes refusant leur incorporation.
À Kfar Yona, destination finale du convoi, les autorités locales et plusieurs habitants ont annoncé leur intention de s’opposer à l’arrivée des manifestants. La police a renforcé son dispositif de sécurité aux abords de la prison militaire afin d’éviter tout débordement.
Le maire de la ville, Albert Taieb, a appelé au calme tout en dénonçant les perturbations répétées provoquées par les manifestations organisées près de l’établissement pénitentiaire. Selon lui, les habitants ne s’opposent pas à la communauté orthodoxe mais aux conséquences de ces rassemblements sur la vie quotidienne de la ville.
La police s’attend à ce que les perturbations se poursuivent jusque dans la soirée, avec des ralentissements susceptibles d’affecter plusieurs grands axes du centre du pays.