Eliya Cohen appelle à cracher sur les réalisateurs du film NAZA
L’ancien otage Eliya Cohen a vivement attaqué Yuval Abraham et Rachel Szor, appelant à diffuser leurs photos et à les humilier publiquement après leur récompense à Venise.


L’ancien otage Eliya Cohen s’en est violemment pris aux réalisateurs israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, auteurs du documentaire NAZA, récompensé par le prix spécial du jury lors de la 83e Mostra de Venise.
Dans une vidéo publiée sur Instagram, Eliya Cohen, enlevé lors du festival Nova et détenu pendant 505 jours dans la bande de Gaza, a appelé le public israélien à ne pas laisser les cinéastes reprendre une vie normale dans le pays.
« Je comprends qu’il y ait une loi et que chacun ait le droit de dire ce qu’il veut, mais nous ne pouvons pas laisser passer cela », a-t-il déclaré. L’ancien otage a ensuite appelé ses abonnés à descendre dans la rue et à diffuser les photographies de Yuval Abraham et Rachel Szor afin qu’ils se sentent publiquement « humiliés ».
Eliya Cohen a durci son discours en affirmant que « les gens devraient leur cracher dessus ». Il a accusé les deux réalisateurs d’avoir humilié les soldats et les personnes ayant combattu pour permettre son retour de captivité.
« Le sang de nos amis et des Juifs de la diaspora est sur leurs mains », a-t-il encore lancé, affirmant que cette affaire l’avait particulièrement bouleversé.
Après avoir reçu des messages de soutien, Eliya Cohen a remercié les personnes prêtes à rejoindre son initiative. « On ne peut pas rester silencieux », a-t-il écrit sur Instagram, jugeant inconcevable que les deux cinéastes puissent « se promener parmi nous comme des personnes ordinaires ».
D’une durée de 80 minutes, NAZA a été réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor et produit par le quotidien britannique The Guardian et JW Films. Le documentaire s’appuie sur les témoignages anonymes de 24 Israéliens ayant servi dans l’armée et les services de renseignement.
Selon le synopsis publié par la Mostra de Venise, le film entend dévoiler les mécanismes ayant conduit à ce que ses auteurs présentent comme « le meurtre massif et calculé de civils palestiniens à Gaza ». Cette présentation et les accusations formulées dans le documentaire sont vivement contestées en Israël.
Le film a reçu le prix spécial du jury à Venise, tandis que le Lion d’or a été attribué à Woman Unknown. Yuval Abraham et Rachel Szor avaient déjà participé à la réalisation de No Other Land, récompensé par l’Oscar du meilleur documentaire en 2025.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a dénoncé une « incitation choquante », accusant le documentaire de présenter mensongèrement les soldats de Tsahal comme des criminels de guerre et d’alimenter l’antisémitisme dans le monde.
Le chef d’état-major Eyal Zamir a également rejeté les accusations du film et ordonné un examen juridique concernant les témoignages et les informations présentés. De son côté, le ministre de la Culture Miki Zohar a accusé Yuval Abraham et Rachel Szor de trahison et réclamé le retrait de leur citoyenneté israélienne.
Yuval Abraham a défendu sa démarche en affirmant qu’il était du devoir des citoyens israéliens d’examiner les actes commis par leur propre pays. The Guardian a également apporté son soutien aux réalisateurs, dénonçant les attaques formulées par des personnes qui, selon le média britannique, n’ont pas encore vu le documentaire.