Israël : Haïm Katz suspend les recommandations visant à restreindre l’usage du cannabis médical
Le ministre israélien de la Santé, Haïm Katz, a gelé les recommandations d’un comité qui appelait à limiter l’usage du cannabis médical.


Le ministre israélien de la Santé, Haïm Katz, a annoncé mercredi la suspension de la mise en œuvre des recommandations d'un comité chargé d'examiner l'usage du cannabis médical. Ces recommandations prévoyaient notamment une approche beaucoup plus restrictive, en particulier pour les patients souffrant de syndrome de stress post-traumatique.
Dans un communiqué, Haïm Katz a expliqué avoir pris cette décision après l'examen d'un rapport qui lui avait été présenté. Le ministre affirme ne pas avoir été suffisamment convaincu par les arguments justifiant l'application immédiate de ces mesures, notamment en raison des risques que de nouvelles restrictions pourraient faire peser sur les patients.
« Je n'étais pas suffisamment convaincu de la justification de la mise en œuvre de ces recommandations, compte tenu des risques potentiels pour les patients », a déclaré Haïm Katz. Il a rappelé avoir rencontré des malades confrontés à de longues démarches avant d'obtenir une prescription de cannabis médical, parfois après l'échec d'autres traitements.
Selon Haïm Katz, il ne faut pas ignorer la nécessité d'un meilleur encadrement du secteur. Le ministre reconnaît qu'une surveillance plus stricte peut être nécessaire sur certains aspects liés au traitement. Mais il estime qu'un retour en arrière, avec des procédures plus lourdes et un accès plus difficile au cannabis médical, ne constitue pas la bonne réponse.
Le comité du ministère de la Santé avait publié dimanche ses conclusions sur les tendances d'utilisation du cannabis médical en Israël. Il recommandait une grande prudence dans les cas de syndrome de stress post-traumatique, estimant que les bénéfices du traitement n'étaient pas suffisamment établis par les recherches disponibles, tandis que les risques à long terme étaient, selon lui, mieux documentés.
Le rapport évoquait notamment un risque d'atteinte au retour du patient à un fonctionnement normal. Il indiquait que le cannabis médical pourrait éventuellement être envisagé dans des situations de détresse sévère, comme les troubles graves du sommeil, l'agitation importante ou les flashbacks, mais uniquement sous surveillance étroite.
Le comité recommandait également que ce type de traitement soit accompagné d'autres prises en charge dont l'efficacité dans le traitement des traumatismes est mieux établie, comme la psychothérapie.
La décision de Haïm Katz intervient après de vives réactions influencées par les recommandations du comité. En gelant leur application, le ministre a choisi pour l'instant de préserver l'accès au cannabis médical pour les patients déjà concernés, tout en laissant ouverte la possibilité d'un encadrement révisé à l'avenir.