Israël-Hamas : l’ex-négociateur du Shin Bet confirme un canal direct approuvé par le pouvoir politique
Adi Rotem, ancien négociateur du Shin Bet, révèle avoir tenu des discussions directes et secrètes avec Ghazi Hamad du Hamas en 2024.


L’ancien négociateur du Shin Bet Adi Rotem a confirmé samedi avoir mené en 2024 des discussions directes et secrètes avec Ghazi Hamad, haut responsable du Hamas. Il affirme que ce canal avait été approuvé par l’échelon politique israélien et qu’il a contribué à débloquer les négociations ayant mené à l’accord sur les otages de janvier 2025.
Interrogé par Channel 12, Rotem explique avoir lui-même proposé de contacter Hamad, qu’il connaissait pour son rôle dans l’accord ayant permis la libération de Gilad Shalit en 2011. L’ancien responsable du Shin Bet avait alors soumis cette initiative à Ronen Bar, qui avait obtenu les autorisations nécessaires. Selon le reportage diffusé cette semaine, Benjamin Netanyahou, le cabinet de guerre et le cabinet de sécurité avaient donné leur feu vert.
Rotem affirme que ce canal direct est né d’un constat d’échec des négociations indirectes menées via les États-Unis, l’Égypte et surtout le Qatar. Il accuse Doha d’avoir défendu des positions proches de celles du Hamas et d’avoir contribué à faire tourner les discussions « en rond ». Selon lui, le meurtre par leurs geôliers du Hamas de six otages en août 2024 a constitué « la goutte d’eau » qui a convaincu les négociateurs israéliens d’essayer une autre méthode.
Les échanges avec Ghazi Hamad se déroulaient uniquement par téléphone, souvent tard dans la nuit. Rotem raconte des discussions « émotionnelles, difficiles et complexes », centrées notamment sur les listes de prisonniers palestiniens susceptibles d’être libérés en échange des otages.
« Nous sommes ennemis en temps de guerre », disait-il à Hamad, tout en soulignant que parler directement au Hamas ne revenait pas à lui accorder une légitimité.
Pour Rotem, la démarche était nécessaire : « On négocie avec le terroriste, avec l’ennemi, pour faire sortir quelqu’un. » Après chaque appel, il rendait compte à un cercle très restreint de responsables, dont Ronen Bar.