Israël renforce la barrière frontalière avec Gaza
Portails renforcés, passages sécurisés et dispositifs contre les drones doivent améliorer la protection de la frontière, percée en des dizaines de points le 7 octobre 2023.


Le ministère israélien de la Défense a engagé ce mois-ci des travaux de modernisation de la barrière de sécurité séparant Israël de la bande de Gaza. Ce programme intègre les enseignements de l’attaque du 7 octobre 2023 et des combats contre le Hezbollah au Liban.
Les travaux sont pilotés par la direction chargée des frontières et des zones de séparation du ministère, dirigée par le général Eran Ofir. Ils portent notamment sur le renforcement des portails afin de les rendre plus difficiles à forcer, tout en maintenant les possibilités de passage des unités militaires dans les secteurs nord et sud de la division de Gaza.
Des aménagements sont également prévus pour protéger la clôture contre les effets de l’hiver. L’érosion des sols et les crues des cours d’eau saisonniers peuvent fragiliser certaines portions de la barrière. Des travaux de génie sont donc réalisés en fonction des caractéristiques du terrain.
Le programme comprend aussi l’installation de passages sécurisés permettant aux forces de traverser rapidement la clôture, ainsi que l’intégration de technologies destinées à contrer les menaces évoluant à très basse altitude, particulièrement les drones guidés par fibre optique.
Employés par le Hezbollah contre les soldats israéliens dans le sud du Liban, ces appareils ont constitué un défi important pour les forces engagées. Des dispositifs similaires de protection devraient être déployés sur d’autres frontières, notamment celle avec le Liban.
Enfin, des préparatifs sont en cours pour intégrer des systèmes avancés de collecte de renseignements et renforcer les capacités d’alerte précoce.
Longue de 64 kilomètres, la barrière avait été percée en des dizaines de points lors de l’attaque du 7 octobre, permettant à des milliers de terroristes de pénétrer en Israël. Elle avait été conçue pour matérialiser la frontière, ralentir les infiltrations et déclencher des alertes, plutôt que pour constituer à elle seule un obstacle infranchissable
Selon les enquêtes militaires citées par le journal, les forces avaient néanmoins adopté l’idée que la clôture ne pourrait pas être franchie ou que toute cellule s’en approchant serait neutralisée. Le jour de l’attaque, les soldats présents se sont retrouvés en nette infériorité numérique, sans armement ni appui aérien et d’artillerie suffisants.
Les investigations ont également établi que le Hamas avait testé différents explosifs contre la clôture avant l’assaut. Toujours selon ces conclusions, le commandement Sud n’avait pas identifié ces essais comme les préparatifs d’une attaque et n’en avait pas transmis les détails à la direction chargée de la barrière.