L'opposition accuse Netanyahou d'avoir mis en péril la paix avec l'Égypte
De nouvelles révélations dans l'affaire du « Qatargate » provoquent une tempête politique en Israël.


La classe politique israélienne est secouée par de nouvelles révélations dans l'affaire du « Qatargate ». Selon le quotidien Israel Hayom, trois proches conseillers du Premier ministre Benjamin Netanyahou auraient transmis au Qatar des informations sensibles concernant l'Égypte alors qu'ils étaient, selon les soupçons, rémunérés par Doha.
D'après le journal, ces fuites portaient sur des renseignements classifiés liés au déploiement de forces égyptiennes dans le Sinaï, susceptible de constituer une violation du traité de paix entre Israël et l'Égypte. Les responsables de la sécurité craignaient que ces informations ne fragilisent les relations stratégiques entre les deux pays et ne réduisent la volonté du Caire de contribuer aux négociations pour la libération des otages détenus par le Hamas.
L'opposition a vivement réagi. Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a accusé les conseillers de Netanyahou d'avoir « trahi les intérêts de l'État d'Israël » en mettant en danger un accord de paix obtenu au prix de plusieurs guerres.
Le dirigeant de Yashar, Gadi Eisenkot, a réclamé la création d'une commission d'enquête d'État, estimant qu'un Premier ministre aurait dû ordonner immédiatement une enquête indépendante afin de dissiper les soupçons.
Le chef de l'opposition Yaïr Lapid a rappelé que le Likoud avait rejeté sa proposition de loi visant à désigner officiellement le Qatar comme un État ennemi. Son allié Naftali Bennett a, lui aussi, dénoncé l'influence de Doha, promettant d'y mettre un terme s'il revenait au pouvoir.
Les conseillers Yonatan Urich, Yisrael Einhorn et Eli Feldstein figurent parmi les principaux suspects de l'enquête sur le « Qatargate ». Ils sont soupçonnés d'avoir mené des activités de lobbying en faveur du Qatar tout en travaillant au sein de l'entourage du Premier ministre israélien.