La mère de Gaia Oren témoigne pour la première fois après la mort de sa fille, percutée par une voiture pendant une alerte
Un mois et demi après la mort de Gaia Oren, 17 ans, sa mère, Carmit, a pris la parole pour la première fois dans un entretien accordé à i24NEWS.


L'adolescente originaire de Rehovot a été tuée le 12 mars, alors qu'elle courait vers une zone protégée après le déclenchement d'une alerte.
Ce soir-là, à 21h37, les sirènes ont été retenues dans les rues. Comme à chaque alerte, Gaia s'est précipitée avec une amie vers un abris. Sa mère a tenté de l'appeler immédiatement. Quelques minutes plus tard, elle a d'abord pensé que le téléphone de sa fille était tombé pendant sa course. Puis l'appel redouté est arrivé : Gaia avait été percutée par une voiture. Elle était inconsciente.
Lors de son interrogatoire, le conducteur a affirmé avoir été pris de panique à cause des alarmes. Mais les analyses ont révélé un taux d'alcoolémie six fois supérieur à la limite autorisée. Malgré son jeune âge, il avait déjà été condamné à quatre reprises pour des infractions routières. L'enquête se poursuit et aucune mise en examen n'a encore été prononcée. À ce stade, l'infraction envisagée est celle d'homicide involontaire, une qualification que la famille juge insuffisante.
Pour les proches de Gaia, il ne s'agit pas seulement d'un accident. Ils demandent que les circonstances de sa mort soient pleinement reconnues, notamment parce qu'elle a été tuée alors qu'elle cherchait à se mettre à l'abri pendant une alerte. 
Gaia était la fille unique de Carmit et Shahar Oren. Malgré leur divorce, ses parents étaient restés unis autour d'elle. Dans sa chambre, tout semble encore suspendu : son uniforme de scout est accroché, son nôtre en peluche est à sa place et ses rêves sont toujours visibles sur les murs.
L'adolescente rêvait de servir dans une unité combattante de Tsahal : elle s'entraînait chaque jour, travaillant sa condition physique et se préparait avec détermination. Peu avant sa mort, elle avait appris qu'elle avait été acceptée dans l'unité Oketz, l'unité canine de Tsahal. Son rêve était sur le point de se concrétiser.
Après sa disparition, sa mère a retrouvé un carnet personnel. Gaia y avait consigné ses pensées, ses ambitions et ses valeurs. Elle y écrivait vouloir devenir une meilleure personne, donner aux autres, aimer davantage et placer la famille au centre de sa vie. Dans une lettre rédigée près de deux ans plus tôt, elle avait aussi écrit : « Je sais que je vais souffrir. J'y crois sincèrement, avec une foi absolue. »
Au-delà du chagrin, ses parents doivent désormais affronter une réalité administrative et judiciaire difficile : ils souhaitent que leur fille, tuée pendant une alerte soit reconnue comme victime de la situation sécuritaire en Israël. 
Pour Carmit, le combat ne se limite donc pas à la mémoire de sa fille. Il s'agit aussi d'obtenir justice, de faire reconnaître les circonstances de sa mort et de préserver l'image d'une adolescente déterminée, généreuse et tournée vers l'avenir, dont les rêves ont été brisés à 17 ans.