Le chef du Mossad soutient la création d’une zone industrielle bédouine dans le Néguev
Roman Gofman estime que la création d’emplois à Bir Hadaj pourrait renforcer la sécurité et réduire l’influence des réseaux criminels.


Le directeur du Mossad, Roman Gofman, a apporté un soutien inhabituel à un projet controversé de zone industrielle commune entre la localité bédouine de Bir Hadaj et le conseil régional de Ramat Néguev.
Le projet prévoit l’aménagement d’une zone d’environ 200 000 mètres carrés, soit 20 hectares. Envisagée depuis plusieurs années, l’initiative n’avait jusqu’à présent jamais été mise en œuvre.
Salama Abu Edissen, président du conseil régional de Neve Midbar, dont dépend Bir Hadaj, s’est récemment tourné vers le conseil de Ramat Néguev afin de relancer le projet.
La proposition suscite toutefois des réserves parmi certains élus locaux, qui invoquent les problèmes de criminalité ainsi que les trafics d’armes et de drogue dans la région.
Lors d’une réunion du conseil de Ramat Néguev, son président Eran Doron a présenté une lettre de soutien de Roman Gofman. Le chef du Mossad affirme bien connaître la zone pour y avoir servi lorsqu’il commandait le Centre national d’entraînement des forces terrestres.
« L’initiative qui m’a été présentée est une décision juste et courageuse, dotée d’une valeur stratégique de premier ordre », a-t-il écrit.
Selon Roman Gofman, le développement de possibilités d’emploi pourrait renforcer la présence de l’État, réduire les tensions sociales et limiter l’influence des organisations criminelles.
Il a néanmoins reconnu les risques liés au projet et recommandé une mise en œuvre progressive, accompagnée de dispositifs de surveillance et d’application de la loi.
« La population locale est, dans sa grande majorité, respectueuse de la loi et recherche du travail ainsi qu’un avenir pour ses enfants. L’élargissement des possibilités d’emploi réduira la marge de manœuvre des éléments criminels et renforcera le partenariat avec l’État », a-t-il ajouté.
Plusieurs élus ont contesté la coopération avec Bir Hadaj, estimant qu’elle pourrait envoyer un mauvais signal face aux problèmes persistants de criminalité et de respect de la loi.
Les partisans du projet ont répondu que les auteurs d’activités criminelles ne devaient pas être confondus avec les milliers d’habitants respectueux de la loi et ayant besoin d’emplois.
Salama Abu Edissen a salué le vote, affirmant que « lorsque la sécurité économique progresse, la sécurité personnelle s’améliore également ». Selon lui, la création d’emplois pourrait éloigner certains habitants de la criminalité et transformer durablement la région.