Nomination au Commandement central : bras de fer entre Israël Katz et Tsahal
L'annonce publique de la future nomination du général Dado Bar Kalifa à la tête du Commandement central, sans coordination préalable avec Tsahal, a suscité une vive polémique.


Une nouvelle polémique secoue les plus hautes sphères de l'appareil sécuritaire israélien. Le ministre de la Défense Israël Katz a annoncé, lors d'une interview accordée à la Chaîne 14, son intention de nommer le général Dado Bar Kalifa, actuel chef de la Direction des ressources humaines de Tsahal, à la tête du Commandement central, en remplacement du général Avi Bluth.
Cette annonce a immédiatement provoqué une réaction de l'armée. Tsahal a indiqué que le chef d'état-major, le général Eyal Zamir, n'avait pas été informé au préalable et qu'aucun remplacement de commandant occupant un poste stratégique n'était prévu dans le contexte sécuritaire actuel.
Selon un responsable militaire cité par Channel 12, cette déclaration ne reposerait sur « rien d'autre que les primaires du Likoud », dénonçant une annonce politique faite avant même la fin des procédures habituelles de nomination.
Le cabinet du ministre de la Défense a toutefois répliqué en affirmant que le chef d'état-major avait lui-même recommandé Dado Bar Kalifa dès le mois d'avril, avant que le ministre ne le reçoive en entretien en juin et décide de valider cette nomination lors du prochain mouvement des généraux. L'armée a également réaffirmé que le chef d'état-major « n'a pas l'intention de remplacer les commandants occupant des postes clés en cette période sensible » et que toute décision de cette nature sera prise « conformément aux procédures en vigueur ».
Cette nouvelle controverse intervient quelques jours seulement après un vif affrontement entre Israël Katz et le général Avi Bluth au sujet d'un ordre administratif d'éloignement visant un militant israélien soupçonné de violences contre des Palestiniens en Judée-Samarie. Alors que le ministre s'était opposé au renouvellement de cette mesure, le Commandement central et le parquet militaire avaient décidé de saisir la justice afin de la maintenir.
L'affaire a rapidement pris une dimension politique. Naftali Bennett a accusé le gouvernement de « démanteler Tsahal de l'intérieur », tandis que Gadi Eisenkot a dénoncé « un niveau sans précédent de dégradation des relations entre le pouvoir politique et l'armée ».
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions croissantes entre le pouvoir politique et le haut commandement militaire, dans un contexte où Israël reste confronté à de multiples défis sécuritaires sur plusieurs fronts.