Spécial week-end | Ces grands prédateurs qui régnaient autrefois sur Israël avant de disparaître
Si plusieurs espèces ont aujourd'hui disparu, des programmes de réintroduction permettent progressivement de redonner vie à une partie du patrimoine naturel du pays.


Il y a un siècle à peine, la faune sauvage d'Israël ressemblait davantage à celle d'un safari africain qu'à celle que l'on connaît aujourd'hui. Ours, crocodiles et léopards vivaient encore sur le territoire, avant de disparaître sous l'effet de la chasse et de la transformation des paysages.
Le dernier ours brun de Syrie, autrefois présent dans les montagnes de Galilée et du mont Hermon, a été aperçu en 1917. Plus petit que ses cousins européens, il occupait les massifs montagneux du nord d'Israël avant de s'éteindre localement au début du XXᵉ siècle.
Les crocodiles du Nil peuplaient quant à eux les marais et les cours d'eau du littoral, notamment le célèbre Nahal Taninim (« rivière des crocodiles »). Le dernier spécimen connu a été abattu en 1912, marquant la disparition définitive de l'espèce en Israël.
Le léopard d'Arabie est resté présent plus longtemps. En 1994, un habitant du kibboutz Sde Boker s'était réveillé en découvrant un léopard… dans sa chambre. L'animal, affamé et épuisé, avait été maîtrisé avant d'être capturé. Depuis, la population de léopards du Néguev et du désert de Judée s'est effondrée, au point que l'espèce est aujourd'hui considérée comme pratiquement éteinte à l'état sauvage en Israël.
Face à ces disparitions, l'Autorité israélienne de la nature et des parcs a lancé plusieurs programmes de réintroduction. L'exemple le plus célèbre est celui du daim de Perse : en 1978, quelques spécimens ont été discrètement transférés d'Iran vers Israël, juste avant la révolution islamique. Aujourd'hui, ils vivent de nouveau en liberté en Galilée et dans les collines de Jérusalem.
Des espèces comme l'oryx d'Arabie et l'âne sauvage asiatique ont également été réintroduites dans le désert du Néguev. Ces programmes illustrent les efforts déployés pour restaurer une partie du patrimoine naturel d'Israël et préserver les espèces encore présentes pour les générations futures.