Spécial week-end | "Hypnosis" : le nouveau système israélien qui désoriente les drones avant qu'ils ne frappent
Brouiller plutôt que détruire : avec Hypnosis, Israël dévoile une nouvelle arme de guerre électronique capable de désorienter les drones ennemis avant même qu'ils n'atteignent leur cible.


Face à la prolifération des drones kamikazes et des essaims de drones, Israël mise sur une nouvelle génération de défense électronique. Plutôt que de détruire systématiquement les appareils ennemis, le nouveau système « Hypnosis », dévoilé par Israel Aerospace Industries (IAI), cherche à les tromper… jusqu'à leur faire perdre leur cible.
Le principe repose sur la Navigation Warfare (NAVWAR), ou guerre de la navigation. Les drones modernes dépendent en permanence des systèmes de navigation par satellite (GNSS) pour connaître leur position et atteindre leur objectif avec précision. En perturbant ces signaux, ou en leur transmettant de fausses données de localisation, le système est capable de faire croire au drone qu'il se trouve ailleurs. Résultat : il dévie de sa trajectoire, s'éloigne de sa cible ou s'écrase avant d'atteindre son objectif.
Contrairement aux brouilleurs classiques, Hypnosis ne se contente pas de couper le signal. Il combine brouillage, tromperie électronique et contrôle centralisé grâce à un réseau de stations capables de protéger simultanément de vastes infrastructures stratégiques, comme des bases militaires, des ports, des aéroports ou des installations énergétiques.
Ce dispositif s'inscrit dans la stratégie israélienne de défense multicouche. Aux côtés du Dôme de fer, chargé des interceptions physiques, et du système laser Iron Beam, destiné à neutraliser les menaces à faible coût, Hypnosis constitue la couche de guerre électronique, dont l'objectif est d'empêcher l'ennemi d'arriver jusqu'à la zone d'interception.
Cette approche répond également à un impératif économique. Utiliser un missile coûtant plusieurs dizaines de milliers de dollars contre un drone valant seulement quelques milliers n'est plus viable. Neutraliser la menace par des moyens électroniques permet de préserver les intercepteurs pour les cibles les plus dangereuses.
Les armées du monde entier développent désormais des capacités similaires de lutte anti-drones (C-UAS), mêlant radars, capteurs, brouillage et interception. Forte de son expérience opérationnelle, Israël entend conserver son avance dans ce domaine.
À l'heure où les conflits se jouent autant dans le cyberespace que dans les airs, la victoire ne passe plus nécessairement par une explosion spectaculaire. Parfois, il suffit qu'un drone… perde simplement son chemin.