Tsahal dément avoir confié ses décisions de frappe à l’intelligence artificielle
L’armée israélienne rejette les accusations formulées dans le documentaire « NAZA » et affirme que chaque frappe est examinée par des spécialistes opérationnels et juridiques.


Les décisions de ciblage de Tsahal sont prises par des militaires hautement qualifiés et non par des systèmes d’intelligence artificielle, ont affirmé des responsables de l’armée israélienne au Jerusalem Post, en réponse aux accusations formulées dans le documentaire « NAZA ».
Selon le quotidien israélien, des officiers de l’armée de l’air ainsi que des conseillers juridiques militaires participent au processus d’autorisation des frappes. L’intelligence artificielle pourrait servir d’outil d’analyse, mais elle ne se substituerait pas au jugement humain.
Tsahal reproche également aux auteurs du documentaire de ne pas lui avoir transmis le film ni les accusations précises avant sa diffusion. Cette absence de consultation aurait empêché l’armée de répondre de manière détaillée aux témoignages présentés.
L’armée ne nie pas les dommages causés aux civils palestiniens pendant la guerre, mais affirme qu’elle prend des mesures pour les limiter. Elle accuse parallèlement le Hamas d’utiliser la population comme bouclier humain et reproche au documentaire d’ignorer les évacuations organisées ainsi que les frappes annulées en raison de la présence de civils.
D’après le Jerusalem Post, l’armée de l’air aurait, dans certains cas, détourné des missiles déjà lancés lorsque des civils apparaissaient de manière inattendue à proximité de la cible.
Des responsables militaires reconnaissent toutefois que des erreurs peuvent survenir lors d’opérations complexes et menées dans l’urgence. Ils citent notamment l’opération de juin 2024 ayant permis de libérer Noa Argamani et trois autres otages, au cours de laquelle la situation sur le terrain avait rapidement dégénéré.
Tsahal conteste également les ratios évoquant 100 à 500 civils tués pour un membre du Hamas ciblé, estimant qu’ils ne correspondent pas à la réalité. L’armée reconnaît néanmoins que certaines frappes ont pu provoquer des bilans particulièrement lourds à la suite d’erreurs ou d’informations incomplètes.
Enfin, des désaccords entre officiers sur l’opportunité de certaines frappes auraient bien existé, notamment après mars 2025. Selon les responsables interrogés, ces divergences relèveraient toutefois de débats professionnels internes et ne démontreraient pas que les décisions de ciblage ont été confiées à une intelligence artificielle.