Un descendant d’Alfred Dreyfus promu lieutenant-colonel dans l’armée israélienne
Plus d’un siècle après la condamnation injuste du capitaine Alfred Dreyfus, un membre de sa famille accède au même rang au sein de Tsahal, dans un geste chargé de symboles.


Le réserviste Uriel Dreyfus, juge au tribunal militaire de Judée-Samarie, a été promu au grade de lieutenant-colonel lors d'une cérémonie présidée par la major-générale Orly Markman, à la tête de la Cour d'appel militaire.
Avec cette promotion, il atteint le même grade que son ancêtre Alfred Dreyfus, plus d'un siècle après que celui-ci a été condamné à tort pour espionnage au profit de l'Allemagne dans une affaire emblématique d'antisémitisme d'État en France, avant d'être finalement réhabilité.
Dans un discours empreint d'émotion, Uriel Dreyfus a établi un parallèle entre sa propre cérémonie et celle vécue par son ancêtre en 1895, lorsque celui-ci avait été publiquement dégradé à Paris. « Lors d'une cérémonie humiliante, son épée fut brisée », at-il rappelé, évoquant une injustice historique qui continue de résonner aujourd'hui.
« Depuis que j'ai rejoint les rangs de Tsahal, je porte cette mémoire en moi. Chaque promotion représente une forme de réparation de l'Histoire. Aujourd'hui, les galons arrachés dans le déshonneur sont recousus avec fierté sur l'uniforme de l'armée israélienne. »
L'affaire Dreyfus, qui avait profondément marqué la France à la fin du XIXe siècle, reste l'un des symboles les plus puissants de l'antisémitisme institutionnel. Elle avait notamment influencé Theodor Herzl, futur fondateur du sionisme politique moderne.
Évoquant également le contexte actuel, Uriel Dreyfus a fait référence aux épreuves traversées par Israël, notamment depuis les attaques du 7 octobre.
« Nous avons perdu des proches et des camarades. Mais nous continuons à nous battre, car nous n'avons pas d'autre pays », a-t-il affirmé.
Soulignant le rôle des tribunaux militaires, il a insisté sur leur importance dans le fonctionnement démocratique de l'État. « C'est un lieu où les mots sont plus forts que les balles et où la vérité doit prévaloir », a t-il conclu.
Cette promotion, au-delà de sa dimension personnelle, résonne comme un symbole de résilience historique et de continuité pour une famille marquée par l'une des plus grandes injustices de l'histoire contemporaine.