Une ex-otage révèle avoir tenté de se suicider à Gaza
Dans une interview exclusive à Channel 12, Arbel Yehoud et Ariel Cunio racontent leur enlèvement le 7 octobre, deux années de captivité séparée à Gaza.


Dans une interview accordée à Channel 12, l’ex-otage Arbel Yehoud révèle avoir tenté à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours durant sa captivité à Gaza aux mains de terroristes palestiniens. Elle affirme avoir renoncé après avoir vu des images d’une manifestation en Israël où sa photo était brandie par des inconnus.
« Peu avant ma libération, j’ai vu des images filmées par drone depuis la place des Otages à Tel Aviv. Des gens tenaient des pancartes de personnes que je ne connaissais pas, puis j’ai vu des pancartes avec le nom d’Ariel et la mienne », raconte-t-elle. « À partir de ce moment-là, je n’ai plus essayé. Quand j’ai compris que des gens qui ne me connaissaient pas se battaient pour moi comme pour une sœur ou une fille, j’ai compris que j’avais le devoir de revenir. »
Arbel et son compagnon Ariel Cunio, qui se décrivent comme des « amoureux de lycée », ont été enlevés ensemble le 7 octobre 2023 à leur domicile du kibboutz Nir Oz, avant d’être détenus séparément dans la bande de Gaza. « Le plus important était de rester ensemble. Une demi-heure plus tard, ils nous séparaient. Nous n’avons même pas eu le temps de nous dire au revoir », confie Cunio.
Durant plusieurs mois, leurs ravisseurs ont accepté de faire transiter des lettres entre eux. « Nous écrivions sur notre amour, nos conditions de détention, pour essayer de comprendre ce qui se passait dehors », explique Ariel. Dans une de ses dernières lettres, Arbel lui évoquait le massacre de Nir Oz et l’incertitude quant au sort de leurs proches.
Arbel dit avoir longtemps tenté de refouler son expérience. Elle affirme s’être reconnue dans le témoignage de l’ex-otage Romi Gonen, qui a révélé avoir subi des agressions sexuelles en captivité. « Même après avoir vu les horreurs qu’elle a traversées, le fossé reste », dit-elle, décrivant ce qu’elle a vécu comme « une boîte scellée », encore impossible à ouvrir publiquement. Libérée en janvier 2025 après 482 jours, Arbel s’engage immédiatement pour la libération d’Ariel. Lui décrit les derniers mois entre désespoir et projets d’évasion. Les retrouvailles, intenses et silencieuses, laissent place à un travail de reconstruction. « Nous ne sommes plus les mêmes », dit Arbel. Leur maison à Nir Oz a été détruite. Le couple, désormais installé à Kiryat Gat, tente de bâtir un nouveau foyer. « Elle reviendra à la vie », assure Ariel. « Nous construirons une maison et une famille. »