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Pour Kushner, la frappe israélienne de 2025 au Qatar a isolé l'État hébreu


Jared Kushner a vivement critiqué l’opération israélienne menée à Doha en 2025, estimant qu’elle avait constitué un échec militaire et contribué à l’isolement diplomatique d’Israël.

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à gauche, et le conseiller de la Maison-Blanche, à Jérusalem.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à gauche, et le conseiller de la Maison-Blanche, à Jérusalem. (Debbie Hill/Pool Photo via AP)

S’exprimant par visioconférence lors d’une conférence organisée à Kyiv, Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump et acteur important de la diplomatie américaine autour de Gaza, est revenu sur la frappe israélienne menée à Doha, au Qatar, en septembre 2025.

Son jugement sur l’opération est particulièrement sévère. Kushner a qualifié la frappe de « terrible » et estimé qu’elle n’avait pas atteint ses objectifs sur le plan militaire. À ses yeux, ses conséquences ont également dépassé le seul terrain opérationnel : l’épisode aurait considérablement aggravé l’isolement international d’Israël.

Gaza : la pression américaine — Rencontre entre Jared Kushner et Benjamin Netanyahou à Jérusalem
Gaza : la pression américaine — Rencontre entre Jared Kushner et Benjamin Netanyahou à Jérusalem

Washington aurait cependant rapidement identifié une opportunité dans cette détérioration de la position diplomatique israélienne.

Selon Kushner, l’administration Trump s’est appuyée sur cette nouvelle situation pour renforcer sa capacité de négociation face à Israël. Les États-Unis ont ainsi intensifié leur pression afin d’amener les dirigeants israéliens à accepter certaines concessions nécessaires à la conclusion d’un accord sur Gaza.


Ces demandes américaines auraient initialement suscité des réticences du côté israélien. Kushner affirme néanmoins que les autorités israéliennes considèrent aujourd’hui l’accord obtenu de manière beaucoup plus favorable.

Il estime également que le résultat a bénéficié à la population de Gaza, notamment avec la mise en place d’une nouvelle structure de gouvernance dans l’enclave. Celle-ci devrait, selon ses déclarations, prendre davantage de responsabilités à mesure que progressera le processus de démilitarisation.

Kushner a toutefois insisté sur le fait que la frappe de Doha n’avait pas, à elle seule, permis cette évolution.


Selon lui, l’administration américaine travaillait depuis plusieurs mois en amont afin de préparer les conditions nécessaires à un éventuel accord. La crise provoquée par l’opération israélienne aurait ainsi fourni une fenêtre d’opportunité, mais celle-ci n’aurait pu être exploitée sans le travail diplomatique réalisé auparavant.

Cette version des événements apporte un éclairage sur la manière dont l’entourage de Donald Trump analyse les négociations ayant conduit au nouvel arrangement concernant Gaza. La stratégie américaine n’aurait pas suivi un scénario entièrement planifié : elle aurait combiné un travail diplomatique de longue haleine avec la capacité de profiter d’un bouleversement inattendu sur le terrain.

Les déclarations de Kushner se distinguent également par leur franchise. Il est relativement inhabituel qu’une personnalité aussi proche de Donald Trump formule publiquement une critique aussi nette d’une opération militaire israélienne.

Son analyse suggère que Washington n’a pas seulement considéré la frappe de Doha comme un revers tactique. L’administration américaine aurait également estimé qu’elle avait provoqué un coût stratégique important pour Israël en affaiblissant sa position sur la scène internationale.


Paradoxalement, cette faiblesse diplomatique aurait ensuite renforcé la capacité de Washington à peser sur les décisions israéliennes.

Dans le récit présenté par Kushner, l’épisode de Doha apparaît donc comme un tournant : une opération militaire jugée infructueuse aurait d’abord placé Israël dans une situation diplomatique particulièrement difficile, avant de fournir aux États-Unis le levier nécessaire pour accélérer les négociations et favoriser une nouvelle configuration politique à Gaza.

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