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Sondage : près de 40 % des Israéliens craignent que les résultats des élections ne soient pas acceptés
78 % des répondants de gauche ne sont pas convaincus que les élections seront équitables


À l’approche des élections prévues cette année en Israël, une enquête du Jewish People Policy Institute (JPPI) met en lumière une fragilisation préoccupante de la confiance démocratique. Si une majorité d’Israéliens continue de croire au bon déroulement du scrutin, une part importante de la population doute à la fois de l’équité du processus électoral et de l’acceptation de ses résultats.
Selon l’Index de la société israélienne publié en janvier par le JPPI, 65 % des personnes interrogées estiment que les élections seront libres et équitables. Toutefois, près d’un tiers (31 %) ne partage pas cette confiance. Le scepticisme est particulièrement marqué parmi les citoyens arabes d’Israël : 51 % d’entre eux doutent de l’intégrité du scrutin, contre 43 % qui y font confiance. À l’inverse, au sein de la population juive, 70 % estiment que les élections seront équitables, tandis que 27 % en doutent.
Les clivages politiques jouent un rôle déterminant dans ces perceptions. À droite et au centre droit, une large majorité des sondés se disent confiants dans la régularité du processus électoral (respectivement 85 % et 78 %). La tendance s’inverse nettement à gauche, où 78 % des répondants ne sont pas convaincus que les élections seront équitables. Ce fossé illustre une suspicion profonde entre les camps politiques quant à la légitimité même des règles démocratiques.
L’inquiétude est encore plus marquée lorsqu’il s’agit du "jour d’après". Si 57 % des Israéliens pensent que les résultats seront acceptés par le public et les partis politiques, 38 % craignent le contraire, dont 11 % qui se disent "pas du tout convaincus". Là encore, les citoyens arabes se montrent plus pessimistes : 45 % redoutent un rejet des résultats, contre 36 % parmi les Juifs.
Fait notable, cette crainte transcende les clivages idéologiques. Contrairement à la question de l’équité du scrutin, la peur d’une non-acceptation des résultats est relativement homogène à travers l’ensemble de l’échiquier politique.
Pour le président du JPPI, le professeur Yedidia Stern, ces résultats constituent un signal d’alarme. Il met en garde contre une érosion continue de la démocratie israélienne et de la confiance envers les institutions, soulignant la nécessité de règles du jeu claires et consensuelles pour préserver la stabilité politique et la cohésion de la société.