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Vote des expatriés : le Likoud soupçonne une opération d’influence et menace de saisir la justice
La participation aux élections des Israéliens résidant à l’étranger pourrait devenir un enjeu politique majeur


Le Likoud a adressé ce dimanche une lettre de mise en demeure aux organisations à l’origine des initiatives Fly&Vote et Fly&Aid, qui visent à faciliter la participation des Israéliens vivant à l’étranger aux prochaines élections. Le parti accuse ces projets de pouvoir enfreindre la législation électorale et demande leur suspension immédiate, ainsi que la transmission de plusieurs informations sur leur fonctionnement.
Cette initiative du parti de Benjamin Netanyahou intervient alors que de nombreux électeurs israéliens expatriés, souvent opposés à l'actuel gouvernement, expriment leur volonté de voyager pour pouvoir voter et contribuer à changer la donne sur le plan politique.
Dans ce courrier d'avocat envoyé à la coalition AID et à l’association « Israeli Camp », le Likoud affirme que ces initiatives dépasseraient le simple accompagnement administratif des électeurs. Selon le parti, elles pourraient constituer une tentative d’influencer le scrutin en encourageant certains citoyens israéliens résidant hors du pays à revenir voter.
Le parti exige notamment de connaître la nature des données collectées par les organisateurs, leur méthode de sélection des participants ainsi que les éventuels partenaires impliqués. Le Likoud réclame également des informations sur un sondage qui aurait été réalisé auprès d’environ 5 000 Israéliens vivant à l’étranger, notamment sur leurs préférences politiques, leurs habitudes de vote ou leur affiliation éventuelle à un parti.
Selon la formation de Benjamin Netanyahou, ces projets pourraient constituer une forme de corruption électorale si l’aide apportée aux électeurs était liée, directement ou indirectement, à une orientation politique. Le Likoud estime également que les campagnes de promotion de ces initiatives pourraient relever de la propagande électorale illégale et porter atteinte au principe d’égalité entre les listes candidates.
Le parti met aussi en cause le financement de ces projets, évoquant le risque d’une intervention d’entités étrangères dans le processus électoral israélien. Il affirme que l’utilisation de ressources provenant de donateurs anonymes ou étrangers pourrait compromettre la transparence et l’équité du scrutin.
Le Likoud a donné un délai de cinq jours pour obtenir les informations demandées et mettre fin aux activités qu’il considère comme problématiques. À défaut, il a annoncé son intention de saisir la Commission électorale centrale, présidée par le juge Noam Solberg, afin de demander des mesures judiciaires et d’éventuelles sanctions.
Les responsables de la coalition AID contestent fermement les accusations du Likoud. Dans une réponse adressée au parti, leur avocat affirme que Fly&Vote est une initiative apolitique, destinée uniquement à faciliter l’exercice du droit de vote des citoyens israéliens vivant à l’étranger.
Selon eux, le projet propose uniquement une assistance administrative : vérification de l’éligibilité électorale, aide au renouvellement des passeports ou accompagnement dans les démarches nécessaires. Les organisateurs précisent que les billets d’avion ne sont pas financés par l’initiative et que chaque participant prend lui-même en charge son déplacement.
Ils assurent également ne pas cibler les électeurs en fonction de leurs opinions politiques et rejettent l’existence d’une base de données contenant des intentions de vote. « Ces accusations sont fausses et infondées », affirment-ils, ajoutant que le dispositif est ouvert à tout citoyen israélien souhaitant participer aux élections, quelle que soit son orientation politique.
Le bras de fer entre le Likoud et les organisateurs de Fly&Vote intervient à quelques mois des élections à la 26e Knesset, dans un contexte où la participation des Israéliens résidant à l’étranger pourrait devenir un enjeu politique majeur.