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À Petah Tikva, l’hôpital Beilinson transforme un parking en hôpital souterrain pour faire face à la guerre
Une organisation exceptionnelle qui illustre la préparation du système de santé israélien face aux situations d’urgence.

À première vue, rien ne distingue cet espace d’un parking ordinaire. Pourtant, à près de 30 mètres sous terre, sous l’hôpital Beilinson de Petah Tikva, s’active une véritable ville médicale souterraine. Médecine interne, chirurgie, soins intensifs, oncologie ou encore dialyse : tous les services nécessaires au traitement des patients y ont été installés avec une précision millimétrée.
Le plus impressionnant reste la rapidité de déploiement. Le samedi 28 février, il n’a fallu que deux heures pour transformer cet espace en hôpital entièrement opérationnel.
Cette capacité d’adaptation n’est pas improvisée. Elle est le résultat de longues années de préparation et d’exercices réguliers. « Israël est habitué aux situations de conflit. En cas d’urgence, seules fonctionnent les infrastructures qui ont été préparées et répétées à l’avance », explique un responsable de l’établissement. Les installations essentielles — gaz, électricité, systèmes médicaux — avaient été prévues bien en amont.
Désormais, aucun patient hospitalisé dans cet espace n’est exposé : tous se trouvent dans une zone sécurisée.
Cette organisation a également été renforcée après des expériences passées. En juin 2025, lors du premier conflit direct avec l’Iran, le centre médical Soroka de Be’er Sheva avait été frappé par un missile. Par chance, la zone touchée avait été évacuée la veille, évitant une catastrophe.
Dans l’hôpital souterrain de Beilinson, les équipes médicales poursuivent leur travail malgré des conditions inhabituelles. Les patients sont installés derrière des rideaux plutôt que dans des chambres individuelles, ce qui impose davantage de vigilance pour le confort, la confidentialité et le contrôle des infections. Malgré la promiscuité et les contraintes, les traitements — notamment les chimiothérapies — continuent sans interruption.
Pour les familles, l’organisation rassure. « C’est très rempli, mais tout est parfaitement organisé et les soins sont excellents », témoigne la mère d’un enfant hospitalisé.
En parallèle, l’établissement développe aussi des consultations à distance appuyées sur l’intelligence artificielle, permettant aux médecins d’examiner des patients restés chez eux, même dans des zones sécurisées.
Dans ce monde souterrain protégé du bruit de la guerre, une autre réalité s’impose : celle de la coopération. Juifs, Arabes, Russes ou chrétiens travaillent côte à côte. En surface, les combats continuent ; sous terre, un seul objectif rassemble tous les soignants : sauver des vies.
