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Israël : l'émigration a bondi de près de 50 % en trois ans (étude)
Selon les auteurs de l'étude, 86 500 personnes ont quitté Israël en 2023, 91 500 en 2024 – un niveau record – et 90 900 en 2025.


Près de 270 000 Israéliens ont quitté le pays pour une période d'au moins trois mois consécutifs entre 2023 et 2025, soit une hausse de près de 50 % par rapport à la période 2013-2015. C'est la conclusion d'une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, qui met en lumière une accélération de l'émigration depuis la crise politique de 2023 et la guerre déclenchée le 7 octobre.
Selon les auteurs, 86 500 personnes ont quitté Israël en 2023, 91 500 en 2024 – un niveau record – et 90 900 en 2025. Si le rythme des départs ne s'est pas encore aggravé, il reste largement supérieur à la moyenne annuelle observée avant la pandémie de Covid-19, qui s'établissait autour de 60 000 départs par an.
Les chercheurs ont utilisé un indicateur fondé sur les séjours d'au moins trois mois à l'étranger, estimant qu'il constitue un excellent indicateur de l'émigration de longue durée. Ils évaluent ainsi que le nombre officiel de nouveaux émigrants pour 2025 devrait atteindre entre 45 000 et 50 000 personnes, lorsque les statistiques définitives seront publiées.
L'étude souligne également une évolution préoccupante du profil des personnes qui quittent le pays. Les précédentes analyses montrent une forte augmentation du nombre de médecins, ingénieurs et autres professionnels hautement qualifiés. Entre 2023 et 2024, environ 950 médecins ont quitté Israël. Même en tenant compte des retours, le solde migratoire reste négatif, avec plus de 500 médecins perdus. Le déficit net atteint également 2 360 ingénieurs.
Pour les chercheurs, cette tendance représente un défi stratégique. L'économie israélienne repose en grande partie sur le capital humain, notamment dans les secteurs de la haute technologie, de la médecine et de la recherche.
Le professeur Itay Ater, l'un des auteurs de l'étude, estime que si cette dynamique se poursuit, elle pourrait à terme menacer la sécurité nationale et l'économie israélienne, en affaiblissant les secteurs les plus essentiels du pays.