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Antisémitisme et négationnisme : Deborah Journo pointe les failles du droit et de l’éducation
L'avocate pointe une faille plus profonde : les carences de la transmission historique et éducative, qu’elle juge déterminantes dans la banalisation actuelle de ces discours.


Invitée de Regards croisés ce dimanche soir, Deborah Journo, avocate engagée dans la lutte contre l’antisémitisme, a livré une analyse sur l’inefficacité actuelle de la réponse judiciaire face à la montée du négationnisme et de la haine antisémite, en particulier sur les réseaux sociaux.
Interrogée sur la capacité du droit à répondre rapidement et efficacement, Deborah Journo se montre pessimiste. « J’ai bien peur de la réponse », reconnaît-elle d’emblée, soulignant les limites structurelles de l’action pénale face à l’anonymat et à la viralité des plateformes numériques. Même lorsque les auteurs de propos antisémites sont identifiés, les enquêtes nécessitent des moyens considérables que les forces de l’ordre ne peuvent mobiliser systématiquement.
Mais, au-delà du judiciaire, l’avocate insiste sur un angle mort majeur : l’éducation. Selon elle, la Shoah est aujourd’hui enseignée de manière trop ponctuelle, sans continuité tout au long de la scolarité. Cette fragilité de la transmission historique crée un terrain favorable à la banalisation, voire à la remise en cause des faits. Elle cite des exemples précis et préoccupants : des définitions erronées dans des dictionnaires pour enfants, ou encore des manuels scolaires présentant une lecture biaisée des événements du 7 octobre, au point d’inverser les responsabilités.
« On laisse entre les mains de nos enfants des ouvrages qui contiennent des contre-vérités graves », déplore-t-elle, estimant que la lutte contre l’antisémitisme doit commencer bien en amont des tribunaux. Pour Deborah Journo, il est indispensable de réinstaurer une éducation historique rigoureuse sur la Shoah et sur la création de l’État d’Israël, avant même de prétendre réguler efficacement les réseaux sociaux.
Elle appelle enfin à une mobilisation collective : avocats, enseignants, pouvoirs publics, police, justice et lanceurs d’alerte doivent, selon elle, « avancer main dans la main » pour endiguer un phénomène qui ne relève plus seulement du droit, mais d’un enjeu civilisationnel.