- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- Arabes israéliens : identité, citoyenneté et lignes de fracture, selon Amin Boukhari
Arabes israéliens : identité, citoyenneté et lignes de fracture, selon Amin Boukhari
Il évoque une citoyenneté formelle mais incomplète, fragilisée par le contexte sécuritaire, les choix législatifs et des inégalités structurelles persistantes.


Invité de La Grande Edition sur i24NEWS, le docteur Amin Boukhari, délégué de la minorité arabo-palestinienne en Israël, a livré un témoignage nuancé sur la place des Arabes israéliens au sein de l’État hébreu, près de 78 ans après sa création.
Interrogé sur la possibilité de se sentir citoyen à part entière dans un État défini comme juif, Amin Boukhari décrit une réalité « complexe et difficile ». Selon lui, les efforts de rapprochement entre les communautés ont été profondément fragilisés par les événements du 7 octobre, mais aussi par des facteurs structurels antérieurs, notamment la loi fondamentale sur l’État-nation, qui affirme le caractère juif d’Israël. Cette législation, estime-t-il, rend plus ardue la construction d’un sentiment d’égalité civique pour la minorité arabe.
S’il reconnaît l’existence de droits politiques formels — droit de vote, représentation à la Knesset — Amin Boukhari juge ces avancées largement symboliques. À ses yeux, les élus arabes disposent de "marges de manœuvre très limitées" pour influer sur les politiques publiques, tandis que certaines lois récentes renforcent "un sentiment de discrimination". Il évoque également un durcissement après le 7 octobre, avec une "restriction accrue de la liberté d’expression et des arrestations liées à des manifestations contre la criminalité dans la société arabe".
L’intervenant souligne aussi des inégalités structurelles anciennes, notamment dans l’aménagement du territoire : selon lui, aucune nouvelle ville arabe n’a été créée depuis des décennies, limitant les possibilités de développement et de logement. À cela s’ajoute la montée de la violence et de la criminalité, qui complique encore toute dynamique de rapprochement.
Sur la question de la loyauté, Amin Boukhari rejette toute remise en cause systématique des Arabes israéliens. Il affirme que le respect de la loi et de l’ordre public fait partie de leur éducation, tout en soulignant une aspiration plus profonde : celle d’une vie commune fondée sur l’égalité, la paix et la fraternité entre Juifs et Arabes.
Il conclut en estimant que cette vision reste aujourd’hui minoritaire dans la société israélienne, mais exprime l’espoir qu’un changement politique puisse émerger lors des prochaines élections.