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Arabes israéliens : Jacques Bendelac voit un "tournant historique" dans le rapport à l’État d’Israël
Il estime que les Arabes israéliens vivent un tournant historique dans leur rapport à l’État d’Israël, avec une volonté d’intégration de plus en plus assumée depuis le 7 octobre 2023.


Pour Jacques Bendelac, auteur de Juifs et Arabes israéliens, les derniers chiffres sur l’attachement des Arabes israéliens à l’État d’Israël ne relèvent pas d’un simple frémissement statistique. Ils traduisent, selon lui, un basculement profond, accéléré depuis le 7 octobre 2023 : une partie croissante de la population arabe israélienne assume désormais plus ouvertement son appartenance à la société israélienne.
Interrogé sur le fait que 75 % des Arabes israéliens se disent favorables à un service civil volontaire, Jacques Bendelac dit ne pas être surpris. À ses yeux, ce chiffre exprime une volonté d’intégration. Le service civil, précisément parce qu’il n’est pas militaire, offre une voie d’engagement compatible avec les sensibilités d’une population qui n’est pas soumise à la conscription obligatoire. Il devient ainsi un moyen de participer à la vie publique et de revendiquer une citoyenneté israélienne active.
Plus frappant encore, plus de 53 % des Arabes israéliens se disent très attachés à l’État d’Israël, et près de 70 % si l’on inclut ceux qui se déclarent simplement attachés. Pour Jacques Bendelac, il s’agit d’un « tournant historique » dans les relations entre Juifs et Arabes israéliens. Des musulmans, mais aussi des chrétiens et d’autres minorités, n’hésitent plus, selon lui, à affirmer publiquement qu’ils sont Israéliens et fiers de l’être. Cette parole, autrefois plus discrète, s’exprime désormais dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans l’espace public.
L’auteur insiste particulièrement sur le rôle des jeunes générations. Elles ne veulent plus rester à l’écart de la société israélienne, mais y prendre leur place, dans le service civil, la vie politique, les institutions et parfois même l’armée.
Le tableau reste toutefois nuancé. Près de 59 % des sondés jugent encore mauvaises les relations entre Juifs et Arabes en Israël. Bendelac reconnaît que la méfiance mutuelle persiste et que les tensions n’ont pas disparu. Mais il estime que l’intégration progressive, si elle se poursuit, peut transformer durablement les relations intercommunautaires. Pour lui, Israël entre peut-être dans une phase nouvelle : celle où l’identité arabe israélienne ne s’oppose plus nécessairement à l’appartenance à l’État.